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mercredi 26 octobre 2011

Pauline Marois En Danger

Patrick Lagacé, ce matin, s'étonne que la job de Pauline Marois soit à ce point en danger.

J'y ai répondu par ceci:
Justement, on la connaît bien, la reine du couteau.

Coupures (et hausses de frais afférents) massives en tant que ministre de l'éducation, coupures encore plus massives en tant que ministre des finances.

Couteaux dans les dos de Bernard Landry (qui avait quitté son poste en claquant la porte) et André Boisclair (c'est elle, rappelons-nous, qui avait sorti qu'il avait pris de la coke, pas un rival d'un autre parti).

Ce n'est pas une leadeuse, c'est une crosseuse.

Ils ont plutôt publié cela:

Justement, on la connaît bien, la reine du couteau.
Coupures (et hausses de frais afférents) massives en tant que ministre de l’éducation, coupure (sic) encore plus massives en tant que ministre des finances.
Couteaux dans les dos de Bernard Landry (qui avait quitté son poste en claquant la porte) et André Boisclair (c’est elle, rappellons-nous (re-sic), qui avait sorti qu’il avait pris de la coke, pas un rival d’un autre parti).
Ce n’est pas un bon leader.
 Donc, elle n'est pas ''un bon leader'', mais elle n'est pas ''crosseuse'' non plus!

jeudi 8 avril 2010

Pierre Curzi Se Réveille

Tiens, Pierre Curzi vient de se rendre compte, après une vaste étude, que le fait Montréalais devient de plus en plus anglophone... ça doit faire un méchant bout de temps qu'il n'est plus en ville, parce qu'on le ressent partout, à tout bout de champ.

Que ce soit le rayonnement international de notre culture (Céline Dion en anglais partout dans le monde, Arcade Fire, Wolf Parade) ou le ''fait Facebook'' qui apprend mieux l'anglais à nos jeunes que même nos écoles peuvent le faire, en passant par la chute du mouvement indépendantiste et la montée de l'américanisation (surtout par la culture hip hop auprès de nos jeunes), le fait français recule, et le fait anglais fait des gains, en soi.

Ajoutons à cela le fait que le succès engendre le succès: le fait qu'Arcade Fire ait marché autant a attiré des jeunes anglo-canadiens à emménager dans notre belle ville pour y tenter leur chance aussi; les succès répétés en informatique ont fait qu'EA (Electronic Arts) et Google ont implanté des bureaux en ville et Apple s'y est ouvert un magasin - toutes des compagnies dont les exigences internationales sont en anglais; l'énorme expansion de l'université Concordia, une école anglophone, qui attire de plus en plus les étudiants étrangers (surtout asiatiques), qui viennent de pays où, dorénavant, l'anglais est la langue seconde et le français n'est qu'un détail (alors qu'historiquement, le françias y avait une place prépondérante).

Ça donne des gains importants d'un côté, et une absence de vouloir de l'autre.

Et le PQ est le plus à blâmer dans tout ça, parce que depuis l'échec référendaire de 1995, au lieu d'amener tout le monde dans la même direction, ils ont tenté de diviser pour conquérir, en semblant oublier que notre force était d'être rassembleur.

En mettant de côté ''les ethnies'', ils ont fait reculer 25 ans de progrès linguistique et les ont fait vouloir se rallier à ''la minorité abusée'' anglophone. Et chaque fois que Pauline Marois s'ouvre la trappe, la haine envers le fait français augmente, de ce côté-là.

Ça donne deux décénnies de Jean Charest, un parti Libéral provincial qui a l'air rassembleur même s'il élimine peu à peu tous les avancements de société des 50 dernières années et augmente les frais des moins biens nantis tout en gardant leurs amis crosseurs à l'abri des regards - et dans les abris fiscaux.

Vraiment, bravo. Et: Fuck You.

lundi 28 septembre 2009

Pierre Falardeau: Repose En Paix

Le 25 septembre 2009 s'est éteint un Pierre Falardeau rongé par le cancer, entouré de ses proches.

Les réseaux de télévision ont perdu une grande gueule prêt à tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge; les cinéphiles ont perdu un des grands raconteurs, capable d'exprimer son art (et de s'exprimer au travers lui) tant par le ridicule (Elvis Gratton) que le très sérieux (Le Party) et l'historique (15 Février 1839, Octobre), autant par la fiction que le documentaire (Le Steak, Pea Soup).

La plupart de ceux qui ont commenté sa mort ont voulu attirer l'attention sur le polémiste en prenant le soin de dire qu'ils n'allaient pas parler du polémiste, justement, mais de l'artiste. Marc Cassivi en est l'exemple le plus clair. Je crois que c'est Michel Foucault qui disait que la meilleure façon de faire penser à quelque chose était de dire qu'on allait éviter le sujet...

Et, justement, Falardeau aura choisi d'être ''le gars qui parle en joual'', qui parle de souveraineté avec des propos parfois incendiaires, qui se réjouit de la mort de ses adversaires (le fameux ''Salut, pourriture'' à Claude Ryan), toujours prêt à se montrer à la télé pour une déclaration-choc.

Pourtant, il était un homme très bien éduqué, formé au Collège De Montréal (où il a rencontré son ami et allié Julien Poulin), prof d'anthropologie à ses heures, capable de citer autant de poètes comme Pablo Neruda et Gaston Miron que de grands cinéastes comme Fellini et Chaplin (leurs écrits et leurs déclarations, pas seulement leurs films), fort d'une culture générale impressionnante.

L'ironie Falardeau, c'est qu'il fut le meilleur porte-étendard de la cause souverainiste; son charisme était indéniable, ses connaissances historiques furent sans pareil, La Cause se portait mieux avec lui comme tête d'affiche que des avocats sans pouvoir d'attraction comme Bernard Landry, ou des personalités aussi colorées mais sujètes à des débordements comme Jacques Parizeau, ou des traîtres comme Pauline Marois - mais son parler a fait en sorte d'en aliéner plusieurs.

La soi-disant ''option souverainiste'' a perdu tant de plumes en moins de quinze ans, alors qu'on est passés à quelques centaines de votes de gagner le référendum de 1995 à la situation actuelle, où malgré un gouvernement libéral au provincial à son troisième mandat et un gouvernement conservateur à Ottawa, la cote de l'indépendance dépasse à peine les 30%. Bien sûr, on ne peut blâmer Falardeau (du moins pas uniquement) pour cette baisse, mais il suscitait depuis quelques années plus de réactions négatives que positives à chaque fois qu'il prenait la parole sur la place publique, que ce soit quand il traitait David Suzuki de ''petit japanouille à barbiche'' ou en brandissant un drapeau du Hezbollah pendant une manifestation, ou seulement quand il réitérait sa position politique.

Le Devoir, par contre, a bien réussi à cerner non seulement le personnage, mais aussi le combat qu'il menait, résumé en une phrase pourtant courte et simple:
Pour comprendre la colère de Pierre Falardeau, il convient de se rappeler que les peuples ne meurent pas deux fois. La première fois est la bonne.
J'ajoute une citation de Falardeau-même, tirée de son livre ''Les boeufs sont lents mais la terre est patiente'':
L'histoire nous enseigne que la défaite de 1760 marque le début de l'occupation militaire de notre territoire. La défaite de 1837-38, elle, marque le début de notre mise en minorité collective et l'annexion définitive de notre pays, annexion préparée par le Union Act de 1840 et consacrée par le système néocolonial de 1867. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : notre pays a été conquis par la force et annexé par la force. Et ce système féroce d'exploitation coloniale puis néocoloniale dure encore. Il dure depuis 238 ans.
Et pourtant, le peuple n'en était pas mort. Pas encore.

Mais avec la gueule de Falardeau qu'on ne verra plus dorénavent sur nos écrans qu'en reprises et alors qu'aucun porte-parole de La Cause n'a les qualifications pour être aussi vocal pour la défendre, la mort semble approcher à grands pas.

Surtout avec Richard Séguin qui fuit les médias comme la peste, Richard Desjardins qui est de plus en plus vu comme un écologiste zélé plutôt qu'un artiste, avec des 'stars' de la pop qui n'ont rien à dire sur aucun sujet social (Sylvain Cossette, Marie-Mai, Éric Lapointe, Pierre Lapointe, Jonas, Andrée Waters et tous les autres Académiciens sans vie ni authenticité de l'Empire Péladeau ou d'un autre qui tente de prendre sa place), avec les vieux comme Paul Piché qui s'occupent plus de leurs spectacles au Casino et de faire de nouvelles versions en duo de leurs vieilles tounes plates que de Société, il ne nous reste que les politiciens corrompus du PQ dont nous sommes blasés qui parlent encore, parfois, de l'indépendance, et même là, c'est souvent du revers qu'ils en glissent un mot, de peur que ça leur coûte une élection.

Non seulement la conviction semble manquer, mais les couilles aussi. Et pour ça, Falardeau n'avait pas le droit de mourrir. Le risque que nous le suivions sont trop gros.

Pour me sortir du chemin
Qui me conduit dans la poussière
Qui me retient et me fait taire
Le long des saisons sans lumières

Pour me sortir des sommeils
Qui vont mentir jusqu'à offrir
Des paradis qui n'étaient rien
Que terres brûlées sans lendemains
- Richard Séguin


Je vous laisse sur un bout de documentaire mentionné plus haut, Pea Soup, dans lequel, par une simple entrevue avec un petit garçon, Falardeau s'attaque à l'américanisation de son peuple et le manque d'éducation ( les deux par la phrase ''le Kentucky, c'est dans l'est, su'a rue Sainte-Catherine''), le manque de vision pour l'avenir (''je vas être chauffeur de camion comme mon père''), et des idées qui frôlent le conservatisme actuel à Ottawa (''je crisserais les écoles à terre, pis les vieilles maisons, je les démolirait'')...


lundi 10 novembre 2008

La Gauche Préfère Avoir Raison Que Gagner

Patrick Lagacé, superstar blogueur et journaliste à La Presse (anciennement superstar au Journal De Montréal, toujours demi-star des Franc-Tireurs), a pondu pour La Presse de ce matin, ce magnifique billet sur Jean-Claude St-André, ancien député péquiste de L'Assomption de 1996 à 2007, à qui on a préféré Scott McKay pour les prochaines élections.

Toute la situation est à pleurer (de rire ou de tristesse, selon les allégeances), mais un passage a vraiment capté mon attention:

Hier, dans Rosemont, des «patriotes» ont manifesté devant une école où 450 membres du PQ, dont Mme Marois, étaient réunis. Pas de bousculade, cette fois. Mais on a entonné un «Solidaritéééé pour Monsieur St-Andréééé!», comme si l'ex-député de L'Assomption était un prisonnier politique sud-africain sous l'apartheid.

La télé a interviewé un porte-parole de ces patriotes. Reporter: «Le but, c'est de faire dérailler la campagne de Mme Marois?» Patriote: «Non. Mais si c'est le résultat, Mme Marois devra l'assumer...»

Oh boy. Pas mal les mêmes paroles que Ralph Nader avant les élections américianes de 2000, quand on lui demandait si le fait qu'il se présente n'allait pas nuire au candidat démocrate Al Gore contre George W. Bush. La plupart des gens (observateurs et 'normaux') préféraient, entre les deux, Gore, qui avait d'ailleurs, on s'en souviendra, obtenu le plus de votes, au total.

Nader avait dit, en somme que ''si nous avons à endurer 8 ans (!!!) de Bush pour que vous puissiez voir à quel point les deux partis sont similaires, corrompus et vont mener à notre perte (sous-entendu ''et que MOI, j'ai raison''), ce n'est pas un mal en soi''.

Comme quoi, encore une fois, les gens de la gauche préfèrent avoir raison que gagner. Surtout que la victoire ultime, dans le cas de Nader, une fois les huit ans de malheurs passés, c'est Barack Obama qui l'a signée. Ici, si Pauline Marois et le PQ perd, c'est 5 ans de règne de l'ADQ ou des Libéraux qu'on aura à endurer, et Québec Solidaire qui n'a pas encore réussi à gagner l'estime de 10% des Québécois et qui recule déjà dans les sondages d'appréciation, donc le prochain référendum, non seulement ne sera-t-il pas dans un premier mandat, il ne sera pas avant la prochaine génération.

Selah...