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vendredi 11 novembre 2011

Crisse De Caves

Les lecteurs les plus assidus noteront que, récemment, j'ai beaucoup plus souvent répondu à des textes de Marie-Claude Lortie que de Patrick Lagacé.

Les raisons sont fort simples: Lagacé écrit beaucoup moins, et quand il le fait, il écrit moins de conneries. Lortie, elle, écrit des chroniques et des blogues qui font réfléchir. Qui me font réfléchir, du moins, car il semble que la pauvre en endure des vertes et des pas pures.

Sérieux. En 2011. Au Québec.

Sacrament.

On n'est pas sortis du bois.

Notons qu'elle mentionne que ce n'est pas mieux ailleurs; vrai, sauf qu'ici, généralement, je m'étais habitué à ce qu'on soit en avance sur les autres vis-à-vis les droits et le respect de tous: minorités visibles, homosexuels, femmes.

C'est ben beau les jokes de mon'oncle, mais faut montrer que c'est une blague; sinon, on devient le con qu'on imite. Et ça, c'est moins drôle pour tous.

vendredi 4 novembre 2011

Saumon Et Poisons




Dans le même ordre d’idées que ma chronique sur la bouffe du mois dernier, j’ai eu un léger mal de cœur en lisant le texte d’aujourd’hui de Marie-Claude Lortie (oui, encore elle!) qui traite des poisons utilisés par les pisciculteurs éleveurs de saumons, qui tuent les homards et crustacés dans le seul but de nous donner un plus grand nombre de poissons de moins bonne qualité.

Et, puisque ces élevages se font en mer (alors qu’une piscine géante ou, au pire – et le mot ''pire'' y prend ici tout son sens – un lac artificiel aménagé avec un ruisseau qu’ils pourraient remonter pour frayer et renouveler l’espèce ferait autant l’affaire), on pollue l’océan pour une cause, somme toute, assez futile.

En plus de la quantité inimaginable de petits poissons qu’on utilise pour les nourrir.

De quoi se questionner sur la pertinence de manger de ces saumons-là…

mercredi 26 octobre 2011

Pauline Marois En Danger

Patrick Lagacé, ce matin, s'étonne que la job de Pauline Marois soit à ce point en danger.

J'y ai répondu par ceci:
Justement, on la connaît bien, la reine du couteau.

Coupures (et hausses de frais afférents) massives en tant que ministre de l'éducation, coupures encore plus massives en tant que ministre des finances.

Couteaux dans les dos de Bernard Landry (qui avait quitté son poste en claquant la porte) et André Boisclair (c'est elle, rappelons-nous, qui avait sorti qu'il avait pris de la coke, pas un rival d'un autre parti).

Ce n'est pas une leadeuse, c'est une crosseuse.

Ils ont plutôt publié cela:

Justement, on la connaît bien, la reine du couteau.
Coupures (et hausses de frais afférents) massives en tant que ministre de l’éducation, coupure (sic) encore plus massives en tant que ministre des finances.
Couteaux dans les dos de Bernard Landry (qui avait quitté son poste en claquant la porte) et André Boisclair (c’est elle, rappellons-nous (re-sic), qui avait sorti qu’il avait pris de la coke, pas un rival d’un autre parti).
Ce n’est pas un bon leader.
 Donc, elle n'est pas ''un bon leader'', mais elle n'est pas ''crosseuse'' non plus!

mercredi 17 août 2011

Mieux Manger: À Quel Prix?

Marie-Claude Lortie de La Presse demande aujoud'hui dans son blogue si vous seriez prêts à payer le ''vrai'' prix pour mieux manger, question inspirée du fait que les rotisseries St-Hubert ont choisi de nourir leurs poulets de farine animale, pratique qu'ils avaient suspendue pendant la crise de la vache folle.

Voici ma réponse:

Que St-Hubert ait pris cette décision écoeure et déçoit au plus haut point.
Le hic, c'est quand on commence à parler du prix de la nourriture en épicerie.
Parce sortir au St-Hubert, si la différence entre du poulet de bonne qualité et de qualité douteuse n'est que de 40 cents le poulet comme le prétend un de vos lecteurs, il faudrait s'attendre à ce que le restaurant monte le prix de ses quarts d'un dollar, et ses demi-poulets de deux. Et tant qu'à sortir et payer mon assiette 5 dollars, aussi bien la payer 17 pour bien manger.
Mais à l'épicerie, entre manger de la merde pour 100 dollars qui va durer moins d'une semaine ou tripler la facture pour quelque chose de meilleur, je vais être tenté de choisir l'option plus accessible, le prix des autres commodités (loyers à presque 1000$, passe d'autobus à 80, internet, Hydro, etc) primant et privant du véritable choix.
Mais si j'avais à voler de la bouffe, ce serait bio, sans additifs et 100% naturel à tout coup.

vendredi 5 août 2011

Lagacé Contre-Attaque




Il m'arrive de critiquer Patrick Lagacé - journaliste à La Presse et co-animateur des Francs-Tireurs - pour ses positions idéalistes et idéalisantes à propos de la société dans laquelle on vit, qui, pour lui, abrite plus de bonnes personnes que de mauvaises, et que la proportion de malfaiteurs diminue au fur et à mesure qu'on grimpe les échelons des emplois dits honorables, tels que les policiers, soldats et politiciens. Et journalistes.

Toujours est-il qu'il nous a prouvé, dans un post de blogue hier, qu'il comprend exactement le rôle qu'est supposée jouer la presse dans notre société: celle de démasquer la vérité des clichés de notre monde et de la communiquer au petit peuple.

Les journalistes Américains se réveillent à peine d'une époque (un bon 10 à 15 ans) où ils ont été trop complaisants avec leurs élus, les firmes de bullshittage (relations publiques) et les grandes compagnies, avalant trop souvent les phrases vides et les mensonges pour aider l'État à justifier des dépenses folles ou des guerres injustifiées (qu'on pense au président Bush II et sa guerre en Irak) ou même pour copier-coller des communiqués de presse et prétendre qu'un simple lancement d'album, de film, de voiture ou de shampooing est une nouvelle digne de se retrouver en page fronticipice.

Sans parler des journaux à potins de style News Of The World et National Enquirer... 

Le beau Patrick est même allé au front pour défendre un de ses collègues qui s'était fait tasser par un ministre et son équipe en posant une question qui les troublait. Dans ces moments-là, rien d'autre à faire que d'applaudir.

lundi 17 janvier 2011

Tourisme Sexuel: Les Canadiens Champions!

Ne reste plus qu'un seul journal au Canada qui fait encore sa job, soit d'enquêter et de publier des faits, bien appuyés. Oui, je parle encore de La Presse. Cette semaine, Hugo Meunier dresse un portrait assez épeurant du tourisme sexuel en République Dominicaine, photos et vidéos à l'appui. Disons que ça frappe.

Les Canadiens sont ''des animaux'', violents, avares et disjonctés. Pire encore, parce que c'est légal là-bas, on y repousse les limites de l'acceptable.

Raison de plus de se dissocier du Canada, même si cette fois-ci, c'est pas mal nous autres qui en ruinent la réputation...

jeudi 9 septembre 2010

Le Doigt Sur Le Bobo: Le Manque De Vision À Montréal Quand Vient Le Temps D'Un Grand Projet

Bravo, Marie-Claude Lortie, de Cyberpresse.

Excellent texte sur l'urbanisme - notamment sur la question de Griffintown, quartier qui mérite, vu son importance historique, un peu plus de respect que de se faire transformer en Quartier Dix30.

Tout y est, même pas besoin d'en rajouter.

mardi 1 juin 2010

Lettre Ouverte À Nathalie Petrowski

Bonjour,

j'ai apprécié votre chronique qui critiquait l'étude de MacLean's sur la culture - surtout l'angle des manifestations artistiques gratuites, même si vous vous êtes surtout arrêtée à celles qui sont financées par nos impôts.

Par contre, il s'en trouve bon nombre d'autres, dont UnPop Montréal, un festival annuel qui se tient depuis 2005 à la fin de l'été et qui dure, bon an mal an, deux semaines, et met en vedette des artistes de la relève qui finissent presque tous par percer ailleurs (de l'édition 2009, d'ailleurs, deux seront aux FrancoFolies cet été, Patrick Pleau et Philémon Chante).

Le tout financé directement du porte-monnaie d'un mécène lui-même auteur-compositeur-interprète de la relève - moi.

Mais je ne m'attendais pas à ce que vous le sachiez - La Presse demeure le seul journal montréalais qui a toujours omis de parler d'UnPop; le JdM, Ici, Voir, 24 Heures, Hour (une page fronticipice en 2006), Mirror (deux pages fronticipices, 2005 et 2009), Métro, The Gazette - tous les autres en ont parlé au moins une fois.

Drôle, quand même.

Au plaisir de vous y voir, cet automne...


Sébastian Hell

mercredi 28 avril 2010

Pas Debout, Ni Assis, Ni À Genoux, Ni Prosterné...

Bon, j'allais enfin publier, 24 heures trop tard, ma Lettre Ouverte À Pierre Rinfret, ma réplique à ses commentaires épais d'avant-hier soir à l'Attaque À 5.

Mais voilà qu'un éditorial de La Presse met le doigt sur un beau bobo que je ne pouvais ignorer: Washinton prend de plus en plus de place dans la politique canadienne.

Oui, l'éditorialiste fait preuve de démagogie pour arriver à sa fin, à son point, mais quand même, le message passe - et passe bien.

Avec des Conservateurs au pouvoir à Ottawa qui sont moins-que-minoritaires mais qui gèrent le pays comme des rois fils-de-Dieu, le Canada, ce Beau Grand Pays, le ''plusse meilleur au monde'' n'est pas debout, ni assis, ni a genoux ou prosterné, mais bien tout nu et à quatre pattes devant les américains.

Une méchante chance qu'ils n'ont plus un cowboy au pouvoir, eux, qui ne demande qu'à nous rider...

vendredi 12 février 2010

Financer Le Transport En Commun

Ça fait un bon bout, hein?

Ce n'est pas que j'avais oublié la portion francophone de mes écrits, mais plus que je suivais moins les nouvelles et que, par conséquent, j'étais moins frustré. En plus d'avoir été occupé à gérer une demi-séparation.

Mais alors que je suis supposé travailler ce matin, en attendant que mon programme 'loade', comme on dit, quelle nouvelle/question futée La Presse a-t-elle mise comme nouvelle la plus importante de la matinée?

Une question-piège pour lancer le débat sur le financement du transport en commun. Et, évidemment, les banlieusards et campagnards, encore en mode anti-Mourial comme ils le sont depuis que Jean Charest est au pouvoir, sont outrés de certaiens propositions, comme celle de monter les taxes sur l'essence, et suggèrent plutôt de faire payer l'utilisateur qui, semble-t-il, a les poches bien garnies - c'est pour ça qu'il prend le métro, l'utilisateur: il a assez d'argent pour s'acheter une auto, mais il veut faire chier les autres et attendre une demi-heure à moins-30 l'hiver pour un autobus qui oublie de passer, juste pour le fun, comme un défi.

Voici mon grain de sel, envoyé à La Presse (vous pouvez aussi faire connaître votre opinion, au forum@lapresse.ca, en passant):
Je suis outré de constater à quel point les gens manquent de vision... la plupart suggèrent de hausser les tarifs, qui ont grimpé de plus de 100% (oui, ils ont doublé) en 10 ans; c'est une des pires augmentations en Amérique du Nord; nous sommes passés d'un des systèmes les plus abordables à un peu plus chers que la moyenne, tout en réduisant le nombre de passages des autobus et de la plupart des lignes de métro.

Quand on pense que dans les villes qui se respectent, les métros passent 24 heures par jour... il y aurait moins d'alcool au volant si on faisait ça ici aussi.

Et à ceux qui chialent pour ne pas qu'on augmente les taxes sur l'essence de deux cents - le but du transport en commun est d'utiliser votre véhicule MOINS SOUVENT, de polluer moins, et il semble que vous n'ayez pas encore compris...

Et en ce qui a trait aux ''oh, ce n'est pas pour moi, je n'y vais jamais dans la méchante ville'', si on faisait le même exercise pour la santé, nous aurions un système comme aux États-Unis qui coûte les yeux de la tête. Je suis en santé, moi, et ça fait 23 ans que je ne suis pas allé dans un hôpital - devrais-je payer pour les vieux et les baby-boomers, les cancéreux et les enfants malades (qui en plus ont leurs propres téléthons)?

Tant qu'à y être, je ne vais jamais en campagne, je suis contre que mes taxes financent la réfection des autoroutes à plus de 15km du centre-ville de Montréal - roulez sur des chemins de terre. Ça a l'air con, non?
Bande de caves. Dire que y'a juste 2 posts, je citais ''En Berne'' des Cowboys Fringants. Vraiment, j'ai peur pour ma patrie, bourrée d'épais égoïstes.

Ma solution? Mettre des limites, en pourcentage, aux montants que l'État peut dépenser en plus pour ses projets de construction et arrêter d'y gaspiller des sommes-surprises faramineuses, et que le reste soit assumé par les contracteurs eux-mêmes - ça devrait aussi contribuer à fixer des estimés plus réalistes. Aussi, oui, augmenter les taxes sur l'essence - mais pas sur le diesel ni le bio-diesel - pour être certains que ces augmentations ne nuiront pas aux autobus. Et monter les prix des contraventions pour excès de vitesse en ville, pour ivresse au volant, pour les arrêts mal faits - pas dans les quatre chiffres, dans les cinq chiffres, le genre de situation qui fait qu'un con de la Rive-Sud doive vendre sa maison.

Et - de grâce- ne pas augmenter ni les tarifs ni les impôts fonciers, la ville n'est déjà presque plus habitable... la plupart des gens ayant un revenu avant impôts de 500$ par semaine, devant se payer des loyers à 700$ et plus par mois (rien d'inclus), des comptes d'Hydro qui augmentent aux trois mois, des plans internets voleurs avec limites de téléchargements, des comptes de téléphones de fous de Bell et le câble de Vidéotron juste pour pouvoir regarder le hockey en paix trois fois par semaine... et tous ça sans avoir mangé, ni s'être rendus au travail. Fuck ça, tabarnak.

samedi 7 novembre 2009

Vacciner Les Hockeyeurs En Priorité...

Parce que l'hystérie collective entourant la grippe A (H1N1) ne suffisait pas, on apprend que certains tours de passe-passe ont eu lieu pour que certaines personnes se fassent vacciner avant d'autres. On s'attendrait à ce que des politiciens le fassent, et peut-être aussi leurs amis mafieux et leurs clients favoris de contrats ''no-bid''.

Mais scandale! Les joueurs de hockey des Flames de Calgary et des Maple Leafs de Toronto et ceux des Raptors de Toronto de la NBA ont eu l'occasion de se faire vacciner avant tout le monde.

Réjean Tremblay approuve, Patrick Lagacé pas.

De mon côté, j'approuve aussi.

Les raisons contre, elles sont faciles à trouver: égalités sociales, soigner les plus à risques point-de-vue santé en premier (les enfants, les asthmatiques graves, la veuve et l'orphelin).

Sauf que les sportifs sont également très à risque.

Ils suent ensemble ou l'un contre l'autre, partagent chambres d'hôtels, vols d'avions, toilettes plubliques, douches et travaillent dans des espaces restreints. Et dans leur temps libres, de jour, visitent des enfants malades dans des hopitaux et, de par leur statut social, le soir, ensorcellent nos jolies demoiselles dans les bars.

Dans le seul but de sauver les enfants malades et les jeunes femmes à la cuisse légère qui, elles, pourrainet ensuite contaminer moult musiciens et quelques saoulons ici et là, les joueurs de hockey doivent absolument passer en premier.

Bon, on dira qu'ils seraient ainsi privilégiés parce qu'ils sont riches, mais, justement, puisqu'ils sont riches, ils sont aussi plus taxés et imposés que le commun des chômeurs - et paient ainsi plus que leur part des effectifs médicaux.

Donnez-leur une centaine de doses et laissez leurs médecins (ceux que les équipes professionnelles paient à grands coûts) les leur administrer - on ne nuira ainsi donc pas au système, puisqu'on garderait les médecins québécois et les infirmières pour le grand public, tout en protégeant la santé de nos héros sur patins.

jeudi 24 septembre 2009

Militarisme Et Convictions

Il y a longtemps, presqu'un an, j'avais commencé à écrire une chronique sur le Jour Du Souvenir, le jour-même où on le fête, en novembre dernier je crois. Mais je ne l'ai jamais terminé. Parce que... parce que...

Parce que.

J'aurais abordé ce que j'en pense, moi, de la guerre, ce que je vois comme utilité première à l'armée, comment ça me touche qu'il y ait presque chaque jour des morts inutiles de gens qui auraint pu être plus utiles dans des rôles semblables à l'intérieur de nos frontières.

J'aurais parlé de mon grand-père qui a été dans l'armée, qui est allé en Corée mais, surtout, qui a fait son devoir pendant la Crise d'Octobre même si ça allait à l'encontre de ses convictions les plus profondes, à cause de son seul sens du devoir.

Mais je ne l'ai pas fait. Du moins, pas encore.

Patrick Lagacé a, lui aussi, semble-t-il, eu un débat intérieur et décidé de ne pas aborder le sujet sous un angle qui porte matière à réflection. Il affirme en avoir parlé au rédacteur en chef de Voir Québec, David Desjardins, qui, lui, l'a écrit son texte.

Bon, aucun des deux n'aborde le sujet exactement du même angle que moi, mais tous les trois, quelque part entre l'introduction, le sujet principal et la conclusion, trouvons qu'il est salement con d'envoyer des gens se faire tuer à l'étranger dans le seul but de démontrer qu'une poignée de main, jadis, entre deux hommes politiques, vaut encore l'entente qui l'a incitée.

Parce que le Canada est l'Allié des États-Unis, et qu'ils croient que l'Afghanistan est responsable des événements du 11 septembre 2001 et leur ont déclaré la guerre, il fallait y aller. Le gouvernement a été renversé en quelques semaines, mais il faut y demeurer parce qu'il s'y trouve encore des insurgents qui veulent les remettre au pouvoir.

Ça fait sept ans.

Mettez-vous à leur place: rarement sommes-nous d'accord avec les décisions de notre gouvernement fédéral, et rarement sommes-nous mis au courant des personnes qu'ils engagent pour faire du boulot sale et borderline illégal. Admettons qu'un autre pays accuse notre gouvernement d'avoir orchestré un coup sale chez eux; nous aurions beau être en total désaccord, nous ne pourrions rien faire avant les prochaines élections - de toute façon, le gouvernement a l'armée et la GRC pour se défendre si on veut s'en prendre à eux.

Bon, là, le pays outré nous envahit et fait tomber notre gouvernemet puis, après, organise des élections où il nous offre le choix entre deux marionettes qui vont être ben ben fins avec eux. Nous votons, ils ont leur puppet, mais les tabarnak, ils restent. Et amènent leurs amis. Pendant sept ans! Et ils nous volent notre eau, nos forêts, nous coupent l'électricité entre 20h et minuit pour alimenter leurs bases militaires. Et l'armée ne peut rien contre eux parce qu'ils travaillent ensemble - et le premier ministre a été mis là (et choisi) par eux.

Même les moins cons seraient tentés de prendre les armes et s'insurger.

Et c'est ce que plusieurs font, et des fois, même avec moins de moyens et d'entraînement, il y en a des 'chanceux' qui réussissent à percer les murailles et dispositifs de sécurité de nos bons soldats, et des compatriotes à nous meurent, à des milliers de kilomètres de tout ce qui leur tient à coeur.

Le but d'une armée, c'est d'avoir une force pour se défendre. Pour résister à l'envahisseur.

Les Canadiens-Anglais ne l'ont jamais compris. Ils utilisent l'armée pour déblayer les rues de Toronto quand il neige trop l'hiver. Et le grand Lester B. Pearson... c'est lui, gagnant d'un prix Nobel de la paix (faut dire que George W. Bush et Tony Blair en ont obtenu un, également, juste avant d'envahir l'Irak), qui a eu l'heureuse idée d'utiliser des gens dont l'entraînement consiste à tuer des gens et les mettre dans un contexte où il ne doivent pas se battre mais, plutôt, garder la paix. D'où les Casques Bleus. Ça a marché, un certain temps. Pour des missions courtes.

Mais pour des missions plus longues, en Somalie, par exemple, les militaires qui le sont pour les mauvaises raisons, les tueurs stéroïdés, par exemple, ou juste les dangeureux, ben eux aussi ils y sont, et ils sont souvent incontrôlables, ce qui fait qu'on a pu retrouver des garçons locaux, nus, attachés à des arbres, saignant de partout, ayant été torturés et violés... pour le fun. Et l'armée d'excuser ces soldats plutôt que de les punir, ce qui du coup enlève toute crédibilité à la majorité d'entre eux qui savent bien se comporter.

Se défendre, donc. Défendre nos frontières, nos réserves d'eau, nos richesses naturelles, nos peuples. Se préparer, comme les irakiens, à une guerre normale (de personne-à-personne et de technologie-à-technologie) mais aussi se préparer à devoir agir en guerillas si le gouvernement tombe, à utiliser toutes les tactiques et techniques apprises pour reprendre le contrôle et, encore une fois, défendre la patrie.

Parce qu'au nombre effarant d'accusations internationales (parfois, comme en Irak, absolument fausses), au climat politique mondial actuel, avec les ressources naturelles qui se font rares partout sur terre, avec notre calotte polaire qui fond et qui, même si elle est sur notre territoire selon toutes les cartes mondiales se fait contester par la Russie et les États-Unis, c'est ici que nous avons besoin de nos militaires.

Le plus tôt possible.

Parce que c'est ici qu'on en a besoin, et c'est en faisant leur job ici qu'on n'aura pas le choix d'admettre qu'ils sont des héros, quoiqu'en pense Lagacé.

mardi 22 septembre 2009

Le Cinéma D'Auteur Se Meurt Au Québec

En janvier, quand ils ont annoncé la fermeture du complexe de cinéma Ex-Centris, pratiquement le seul lieu dediffusion de film d'auteur qui se respecte toujours au Québec (le Cinéma Du Parc n'a pas été lavé depuis les années 90 et le Beaubien affiche des films 6 mois en retard, faites pas chier), j'avais écrit un texte (qu'évidemment je ne retrouve plus) qui annonçait la mort du film d'auteur dans mon coin de pays, du moins en salle, du moins pour un temps.

Oh, les 'experts' prédisaient une baisse de ''un pourcent'', surtout pour les films d'auteurs français (les plus plates d'entre tous), les faisant chuter de 6 ou 7% des ventes totales de billets de cinéma vers environ 5%, mais rien de dramatique.

Hors, voilà que le charmant Marc Cassivi livre, sur Cyberpresse, sa plus longue chronique de l'année, qui nous apprend, et je cite:
Du 1er mai au 10 septembre, le cinéma français n'a compté que pour 1% du box-office total du cinéma projeté en salles au Québec, selon les statistiques dévoilées cette semaine par Cinéac.
Et pour tout mettre en perspective:
Jeudi, l'Observatoire de la culture de l'Institut de la statistique du Québec révélait que le taux d'occupation des salles de cinéma québécoises était à son plus bas depuis 25 ans (11,4%) en 2008.
Donc, non seulement le pourcentage est moindre (plus de cinq fois moins, en fait), mais il l'est d'un chiffre de base qui est lui aussi en baisse - en fait, ridiculement bas.

Que le taux d'occupation des salles soit quasi nul, on peut comprendre: quand des complexes de 12 salles ne mettent à l'affiche que les mêmes trois merdes américaines en version française traduit en France, il faut s'attendre à ce que les gens évitent de payer 10$ le billet (sans compter les boissons et friandises, le stationnement, les frais de garde pourc eux qui ont des enfants...) et préfèrent rester chez eux à regarder des DVD loués, à moins de 10$ pour 4 films pour 5 jours - donc s'il y a merde dans les quatre, on l'arrête et en regarde un autre à la place. Surtout que les chiffres de ventes des écrans plasmas a quadruplé depuis un an et demi... on se retrouve avec une meilleure définition, un volume qu'on peut régler, les meilleures sièges dans la salle, et quatre films pour la moitié du prix d'un seul - et une bouteille de 2 litres de Pepsi à la moitié du prix d'un verre...

Alors il est où, le problème?

Il est partout en ce qui a trait aux films en salle. On peut commencer par n'importe quel bout, mais commençons par le point de vue du cinéphile: ça coûte trop cher pour voir un film de piètre qualité.

Le film est nul parce que ceux qui les achètent pour les diffuser ne veulent pas prendre de risques et veulent avoir des films que toute la famille voudra (potentiellement) voir; il est meiux, en effet, pour eux, de s'acheter les droits sur un navet de Disney qui peut-être remplira leur salle pendant une fin de semaine que de s'assurer de la remplir à moitié pendant deux semaines consécutives avec un film d'un auteur reconnu par les cinéphiles.

C'est pour ça que ce sont ces films-là, et les grosses merdes américaines en général, et ceux qui suivent les modes (horreur en 2008, comédie en 2002, action/comédie en 1998) qui sont poussés par les distributeurs.

Mais aussi parce que les studios s'en tiennent aux recettes pré-établies plutôt qu'à l'originalité pour vendre leurs films. C'est par chance qu'un de leurs films sera: 1. bon; 2. vu; 3. acclamé et apprécié; 4. retenu pour certains prix. S'il gagne, là on le re-sort, on le mousse; sinon, on l'oublie et on passe à Iron Man 2 ou Spider-Man 4.

La chaîne est longue, et toutes ses parties sont rouillées. Et à la toute fin, le spectateur, en plus, est roulé. Et il est tanné.

Un film, à la base, c'est une idée. Bonne ou mauvaise, mais une idée, mise sur papier. Quelqu'un la lit, la trouve bonne (ou voit des façons de l'améliorer) et décide de la transformer pour la porter à l'écran et y raconter l'histoire. Soit cette personne-là finance l'idée, ou elle trouve quelqu'un qui le fera. Ensuite, on bâtit une équipe qui sera chargée de rendre ce rêve une réalité.

Déjà là, plusieurs visions entrent en ligne de compte qui pourraient obstruer (ou prostituer) la vision première de son créateur. Ne serait-on donc pas mieux de seulement commencer avec les bonnes idées à la base, au lieu de répéter celle qui a fonctionné une, deux, trois fois? Parce qu'un bonne idée surprend et amène à réfléchir; une idée recyclée, au mieux, divertit, mais risque encore plus de stagner, faire perdre sont temps, d'ennuyer...

Va falloir que ces méga-entreprises qui dirigent toutes les étapes de la fabrication à la distributions des films cessent de prendre le monde pour des caves et leur donne du divertissement de qualité avant de chialer qu'ils se font déserter...

jeudi 3 septembre 2009

La Langue Maternelle

Maudite La Presse, encore à me voler mes opinions. Cette fois-ci, c'est Marie-Claude Lortie qui a raison en parlant du très probable futur débat sur la langue maternelle au Québec - et surtout à Montréal.

Surtout quand on tient compte des propos alarmistes et, ma foi, paranoïaques de Bernard Landry sur les Cégeps francophones - plus précisément, obliger les enfants allophones à s'inscrire à l'école en français après le secondaire, une idée, en soi, pas si mauvaise.

Il est vrai que les Cégeps francophones ont besoin d'aide: nos jeunes hommes n'y vont plus, et les allophones choisissent les (moins nombreux) Cégeps anglophones et Collèges, et on se retrouve avec des dizaines d'étalissements en manque d'étudiants - eux qui étaient déjà en manque grave de financement.

Mais obliger ainsi les jeunes qui, maintenant, parlent déjà français (étant à l'école en français depuis la maternelle) par une loi quand, enfin, les résultats de la Loi 101 se font sentir juste en regardant cette belle jeunesse se promener, même dans les transports en commun, en parlant notre langue...

Justement, on les voulait de notre bord. On voulait les prendre et les former et leur donner des emplois, et ça marche pour eux (on repassera pour les médecins et profs haïtiens qui conduisent toujours des taxis parce qu'ils ont étudié dans leur pays d'origine - mais pour les jeunes qui ont tout appris ici, ça marche).

On voulait les intégrer à notre société, ça a marché.

Mais ce n'est pas à coups de lois qu'on va leur montré le côté distinct de la société qu'on se souhaite tous, c'est en vivant ensemble, bâtard! La Loi, on l'a déjà. Elle est appliquée à la lettre (parfois trop, par exemple chez les tenanciers de bars où l'anglais tient 46% de l'affiche, un pourcent de trop!) et commence enfin à démontrer son utilité dépassé celle, évidente, de la survie de notre Culture. On en est à son épanouissement.

Et là, il faudrait tout scrapper ça, selon Landry?

Le texte de Lortie tue cette vague, ce courant de pensée dans l'oeuf, en retournant - et en s'adressant - aux enfants, en leur demandant la quetion, toute simple, de la langue maternelle. Qu'aucun ne peut identifier.

Il est là, l'avenir du Québec.

Avec le temps, ces ti-culs là apprendre à connaître leurs origines, leurs racines, et s'en serviront pour faire évoluer, avancer, briller le Québec. D'ici là, ils font ce que tous les enfants font: ils jouent, ils parlent, ils apprennent. Et ils le font en français. Ils sont comme nous, avec nous.

Et plus on leur fera sentir, plus ils seront ''nous''.

Nous avons la chance d'être le seul melting-pot culturel qui marche au début du millénaire, et en plus, il se base sur une société bâtie, réellement, avec les idéaux irréalistes et irréalisables des années 60 de sociale-démocratie. Et malgré cela, il s'en trouve qui ont peur d'y perdre notre culture!

Pourtant, on dit qu'ils représentent 44% des familels montréalaises, que les francophones sont 36%, et les anglos de souche 20%. pensez-y: 44% de l'île qui parle la même langue que 36% de l'île, qui montre, en même temps, aux irréductibles des 20% restants (ceux qui habitent ici depuis la Bataille Des Plaines, mettons, et qui peuvent à peine dire ''bunjuuuurr'') que ça ne fait pas mal, s'acheter un T-shirt en français...

Come on!

Un pays qui se forme par la guerre tombe par la guerre.

Un pays comme le nôtre, il y en a seulement eu dans les légendes et les contes.

Oui, les héros y meurent à la fin (tués par ceux qui se forment des pays violents), mais leur histore demeure, parce qu'on peut brûler une Bibliothèque Nationale pour éradiquer une Culture, mais on ne peut pas tuer les Rêves.

(moi non plus, je ne voyais pas ce texte-là aller dans cette direction-là...)

jeudi 13 août 2009

Notre-Dame-Dans-La-Marde

Le Collège Notre-Dame
Où se transmet l'Éducation
Dans l'amour de la tradition
(Aux filles aux chastes intentions)
- Mononc' Serge

Ainsi donc, Hydro-Québec, après avoir augmenté ses tarifs et fait chier l'ensemble de la population, a décidé de faire un don au réputé et réputable Collège Notre-Dame, qui, semble-t-il, a besoin de fonds pour rénover ses infrastructures sportives.

Cyberpresse presse le public d'émettre son opinion sur le sujet en prenant soin de mener le sujet vers le 'contre' en mentionnant que le PDG d'Hydro ''donne aux riches''...

À l'Assemblée Nationale, l'Opposition est contre et réclame la tête de Thierry Vandal, le PDG en question; le PQ semble l'être encore plus puisqu'il a droit à son propre article. Un dénommé Sylvain Gaudrault, aussi, est contre, outré, même, selon Le Quotidien, mais le journal ne mentionne pas pourquoi son opinion vaut quoi que ce soit...

Bon, c'est sûr que c'est d'un goût, disons, douteux, qu'on prenne l'argent que tous les Québécois ont payé en hydroélectricité et qu'on en remette une partie à une école qui coûte quelques milliers de dollars par année à chaque élève - surtout que ladite école s'adonne à être celle où Vandal a étudié et où, en plus, il siège au conseil d'administration.

Peut-être suis-je biaisé parce que moi aussi, j'y suis allé à Notre-Dame, et qu'ils m'y ont lavé le cerveau, mais, en soi, je vois beaucoup plus de points ''pour'' que de points ''contre'' cette histoire.

Bon, on veut amener le débat vers un angle ''on privilégie les riches avec l'argent des pauvres'', et c'est en quelque sorte vrai, mais il y a probablement quand même autant (sinon plus) de gens moins aisés qui envoient leur enfant à Notre-Dame que de riches dans les écoles publiques - pour la simple et bonne raison que Notre-Dame demeure une des meilleures institutions d'éducation au pays depuis 140 ans; en effet quand L'Actualité ne le place pas dans le Top 5 de ses écoles dans son palmarès annuel, elle le place ex-aequo deuxième-qui-devient-neuvième parce que trop d'écoles semblent se valoir en même temps, comme elle l'a fait en 2004.

On parle ici d'une école secondaire où 94% des élèves finissent par obtenir au diplôme de Cégep, ce n'est pas rien quand on considère que plus de la moitié de la population de notre Belle Province ne se rend pas là - public ou privé. Ne faudrait-il pas encourager les institutions qui forment bien ses jeunes sous le seul prétexte percevoient des frais d'admission? Ce serait un nivellement par le bas injuste et indéfendable!

Bon, va pour la qualité de l'école.

On semble aussi oublier qu'Hydro-Québec n'est qu'à moitié une société publique; elle a aussi des actionnaires, et des comptes à rendre. Et des impôts à tenter de ne pas payer. Pour ce faire, elle utilise des abris fiscaux. Elle subventionne l'art, certains festivals, certaines courses automobiles. Cette fois-ci, elle a décidé de donner à une école secondaire.

Une école secondaire - pas une prison, pas une clinique de méthadone, pas un centre d'euthanasie, pas une église, pas un congrès raciste, pas à la caisse du gouvernement Harper, pas à des millionnaires sportifs, pas des compagnies pharmaceutiques, pas des pollueurs.

Et pas non plus aux ''riches'' qui y envoient leurs kids. À l'établissement, qui ne peut augmenter ses frais d'admission que d'un certain pourcentage chaque année et dont les dépenses, comme les autres écoles il est vrai, ne font qu'aller en augmentant.

En plus, Vandal s'est abstenu de participer aux réunions d'Hydro et du Collège pendant qu'on pesait cette option. Comme les Molson l'ont fait quand ils ont acheté le Canadien il y a 3 mois malgré qu'ils étaient et sur le conseil d'aministration du Canadien et celui de Coors...

Encore une fois: c'est correct pour une compagnie privée (deux en fait) qui ne dévoilent jamais leurs 'chiffres' malgré qu'ils nous vendent leurs billets de spectacles 300$ (U2, Centre Bell) et leurs billets de hockey 175$ (Canadien, Centre Bell, match hors-concours!) - mais une école secondaire?

Le problème d'éthique en est un de société: une seule et même personne ne devrait pas pouvoir siéger sur plus d'un conseil d'administration. Ça crée une homogénéité dangereuse et tendancieuse qui oriente la société au complet dans une direction que de moins en moins de gens ont le pouvoir de décider de suivre. C'est vrai - et c'est mauvais. Mais tant qu'il n'y aura pas une loi contre, il faudra vivre avec.

Un des pires cas de ce type de conflit d'intérêts demeure Jacques Ménard, actuel chef de BMO qui a, justement, procédé à la vente du Canadien. Quand les Expos ont été vendus en 1991, vu ses contacts avec BMO Nesbitt Burns qui en devenaient actionnaires minoritaires, il a été nommé au conseil d'administration des Expos, ce qui l'a conduit à plusieurs postes simultanés, que je cite du site web de BMO:

L. Jacques Ménard est président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns, l’une des plus importantes sociétés de valeurs mobilières au Canada. Il est également président de BMO Groupe financier, Québec. À ce titre, il chapeaute les activités de BMO Banque de Montréal et de ses filiales qui comptent quelque 170 succursales et 5 000 employés.

M. Ménard est présentement administrateur de Claridge Inc., de l’Institut de cardiologie de Montréal, de l’Orchestre Symphonique de Montréal et des Alouettes de Montréal. Il est également membre du comité consultatif de l’Institut des administrateurs de sociétés (Section du Québec) et membre associé du conseil d’administration des Réseaux canadiens de recherches en politiques publiques inc., en plus de siéger au Conseil consultatif international de l’École des HEC, au Conseil consultatif de l’École des affaires publiques Glendon de l’Université York et au conseil d’administration de la Fondation Macdonald Stewart.

M. Ménard a par ailleurs présidé le Comité de travail sur le financement et la pérennité du système de santé et de services sociaux du Québec, mis sur pied par le Gouvernement du Québec en décembre 2004. Il a publié en 2008 un premier livre intitulé Si on s’y mettait… , dans lequel il propose dix grands chantiers assortis de propositions d’actions concrètes pour relancer le Québec. Dans la foulée de ce livre, il a créé le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires, composé de 28 membres en provenance de ministères du gouvernement du Québec, du milieu des affaires et d’organismes oeuvrant dans des domaines reliés à la persévérance scolaire. Le Groupe a dévoilé son plan d’action en mars 2009.

Hey, ça en fait des affaires! Parlez-moi de ça, un gars qui en connaît autant en finances qu'en musique classique, en sports, en santé, en politique et en éducation! Crissez-le premier ministre, quelqu'un!

À côté de lui, Thierry Vandal, c'est rien. Et pourtant, c'est Vandal qu'on accuse de corruption et de conflits d'intérêts. Vous y comprenez quelque chose, vous?

De toutes façons, peu importe de quel côté du débat vous vous placez, demandez-vous: est-ce la première fois que l'élite redonne à l'élite? Surtout une élite qu'elle connaît? Dites-vous qu'on est ici dans un cas bien moins pire que celui de Dick Cheney et les contrats attribués à Halliburton en Iraq et en Afghanistan, ou des lois changées par George W. Bush pour accomoder ses amis de l'industrie pétrolière...

Encore une fois: Hydro-Québec a donné de l'argent...
à une école secondaire...
francophone...
originellement catholique...

Sacrament!

ajout: dans la foulée de la controverse, Notre-Dame a refusé le cash...

mardi 11 août 2009

Mentalité De Village

Ainsi donc, le maire de Québec est en furie. ''Son'' Festival d'Été, sa principale attraction estivale mis à part toutes les qualités touristiques de son village, sera dorénavant devancé par les FrancoFolies de Montréal.

Les FrancoFolies, se targuant d'être le deuxième festival de musique francophone au monde, après les Francofolies de Larochelle évidemment, dans la deuxième ville francophone du monde, après Paris, se doivent absolument d'attirer les grandes vedettes qui chantent dans la langue de Molière - autant ceux qui ont l'accent de Renaud que ceux qui chantent avec l'accent de Gerry Boulet - pour conserver leur crédibilité.

Toutefois, les artistes français connus tournent en juin et juillet, dates où ils peuvent se produire pendant les grands festivals européens comme à leurs concerts assignés. En août, ça devient plus compliqué. Le dirigeant des FrancoFolies, Alain Simard de Spectra, un petit Napoléon des finances publiques qui tente de Disney-ifier le centre-ville de Montréal, a quand même pris la seule décision qui s'imposait dans la situation où il était.

Mais Régis Labaume monte sur ses grands chevaux. En fait, ses petits chevaux, de Québec, plus des ponys, en fait. Et juste un, parce qu'on est en récession, et qu'à cause des fusions, Lévis et Ste-Foy ont aussi droit à leurs ponys. Mais il gueule fort sur son pony, le Régis, et il le fait devant les kodaks des médias!

Ça fait des réactions de chroniqueurs, quelque chose à lire pendant qu'il n'y a pas de hockey et que Jean Leloup et Éric Lapointe se tiennent tranquilles; ça divertit des gens qui ne s'intéressent pas habituellement à la musique francophone.

Ce que j'aime le plus de la réaction du maire Labaume, qui la rend différente de celles du Festival de Tadoussac et du comité de la Fête Nationale, c'est qu'il demande aux gouvernements, qui les subventionne pratiquement tous à 200% (dépenses, salaires et pertes), d'intervenir. C'est comme si Il Divo se plaignaient que Sony mettait plus d'argent en publicité à Céline Dion qu'à eux, alors qu'elle a beaucoup plus d'envergure internationale et attire beaucoup plus de gens et, donc, rapporte beaucoup plus d'argent en impôts...

J'ose espérer qu'il n'aura pas ce qu'il désire.

mardi 4 août 2009

Dehors, Novembre: Dédé Fortin, Rêveur Éveillé

Faut croire qu'il est temps de se remémorer. Cet hiver, il y a eu le film, Dédé À Travers Les Brumes, qui a amené sa vague de souvenirs, puis cette semaine, il y eut pas moins de trois spectacles-hommages à Dédé Fortin, dont un avec quelques-uns de ses anciens comparses des Colocs.

Puis une autre pluie de textes sur André ''Dédé'' Fortin, dont trois sur Cyberpresse: Marc Cassivi qui me vole mon opinion, Alexandre Vigneault aussi, et Marie-Christine Blais en fan toujours aussi finie qui parle de son enterrement.

Bon, je dis ''vole mon opinion'', mais ce n'est que parce qu'eux aussi n'ont pas trippé sur le premier disque des Colocs, celui des méga-succès Julie, Passe-Moé La Puck et La Rue Principale (bien que j'avais trouvé les clips pas mals). C'était, pour moi, ni plus ni moins que de la musique de party (trop?) typiquement provinciale avec des textes vaguement sociaux mais assez communs, trop évidents - comme une publicité où l'on voit des enfants africains mourrir de faim. Bien sûr que ça nous touche, mais: 1. vous y êtes déjà à les filmer, aidez-les vous-mêmes, et 2. c'est trop évident qu'on joue avec nos instincts primaires, c'est devenu plus qu'on sait qu'on se sentirait mal d'être indifférents alors on s'efforce de ne pas l'être.

Déjà, en 1995, avec Bon Yeu, sur Atrocetomique, bien que la langue y était plus crue, le message passait mieux. Le problème de la rareté de l'emploi, de la pauvreté y était quand même traité plus subtilement et moins directement que dans Passe-Moé La Puck, qui traitait d'itinérance et de l'hypocrisie de l'attention qu'on y consacre au temps des fêtes. Le clip de Bon Yeu, en plus, sa simplicité, en fait, ne faisait qu'ajouter au message: loin du stop-motion des trois premiers hits, on reprenait les cartons blancs avec messages en noir de Subterranean Homesick Blues de Bob Dylan, le premier clip à utiliser ce procédé, mais, par surcroît, de filmer le tout dans la cour d'une église abandonnée - située à côté du 2116 St-laurent où le groupe a été formé - vouée à la démolition malgré son statut de monument national, on ajoutait un second degré à l'idée.

Ah, les idées. Fortin en débordait. Celle de lancer son deuxième album au Spectrum, au party référendaire du camp du Oui le soir du référendum sur la souveraineté de 1995, alors que Mike Sawatzky, guitariste du groupe, un Cri anglophone de l'Ouest Canadien de naissance, est partisan du Non, en était une qu'il aurait pu abandonner. Un peu parce que c'était un pari risqué de devoir chanter ses chansons de party dans une ambiance de défaite si défaite il devait y avoir, mais aussi parce qu'il est prétentieux, après seulement un album, de se faire la tête d'affiche d'une cause défendue depuis des décennies par les Richard Séguin, Richard Desjardins et autres Paul Piché.

Et non seulement il y a eu défaite, mais le discours que prononça Jacques Parizeau, blâmant légendairement ''l'argent et le vote ethnique'' allait totalement à l'encontre des valeurs de Dédé, qui voulait, oui, un Québec souverain et indépendant, mais le voulait inclusif, pour tous ceux qui voulaient être Québécois, peu importe la langue d'origine, la couleur de peau, la religion, l'orientation sexuelle...

Le Québec de Dédé Fortin non seulement acceptait un Mike Sawatzky mais tenait à son épanouissement. Celui de Parizeau lui a confirmé ce que Sawatzky avait entendu toute sa vie: speak white, hostie. M'enfin...

Je ne sais pas si je suis anormal ou vicieux, mais je semble préférer l'art qui naît dans la tristesse. Avec la mort de son comparse et Coloc d'origine Patrick Di Napoli (VIH, 1994) , la défaite référendaire et la crise du verglas déprimante à souhait début 1998, Fortin en a broyé du noir.

Et il nous a pondu Dehors Novembre, le deuxième meilleur disque de l'histoire du Québec. Je vous épargnerai pour l'instant (et garderai pour un texte prochain) les raisons qui me poussent à l'en classer ainsi (et l'identité des autres qui l'entourent), mais il s'agît d'un album parfait: sombre, texturé, textes recherchés et poignants, ouverture sur le monde, phrases en Wolof, band aggrandi, quelques tounes plus beatées (dont une entièrement reggae) pour plaire aux radios, la meilleure chanson une ballade morbide - Le Répondeur - que le groupe refuse de sortir en single (un peu comme Black, de Pearl Jam, en 91-92), un vrai trip artistique réussi du début à la fin.

Je l'ai acheté parce qu'il était en spécial au Future Shop à 9.99$ (comme la plupart des nouveautés de la semaine à l'époque) et je savais que je pouvais le revendre pour 6 ou 7 dollars à un magasin de disques usagés si je ne l'aimais pas, une moindre perte; j'avais l'habitude d'acheter entre 5 et 10 disques par semaine à l'époque, juste pour voir (et surtout entendre!) ce qui se faisait, partout, en musique.

C'était en mai 1998, premiers balbutiements de ma relation avec une fille qui s'appelait Myriam. En arrivant chez ma copine, qui travaillait, je me suis assis sur le divan et j'ai mis le disque, m'attendant à endurer un calvaire d'environ une heure avant de passer à autre chose. Mais voilà, je n'ai pas bougé d'un poil pendant toute l'écoute, même qu'une fois le disque terminé, je suis resté sur place, ébahi, mortifié, atteint, dévasté.

Chaque mot un pincement au coeur, chaque phrase qui se termine un tour de fer dans la plaie. Je l'ai ré-écouté 6 autres fois avant que Myriam ne revienne de travailler.

- Qu'est-ce que tu fais là?
- Je viens de finir d'écouter le nouveau disque des Colocs. Sept fois...
- Sept fois? Mais tu ne les aime même pas!
- C'est ma-la-de. C'est tellement bon, tellement touchant, tellement marquant. Tu te souviens il y a deux ans, l'effet qu'a eu Le Dôme de Jean Leloup? Bien que tout le monde l'aimait, ce fut la surprise quand même quand le chef d'oeuvre est sorti?
- Ouais...
- Pareil. Mais en triste au lieu d'en fucké. Au lieu de te confondre dans un Manoir À L'Envers - quand tu ne sais pas qui est M.C. Escher, bien entendu - ou de te parler d'Edgar Poe saoûl sur le bord de la route, ben il te parle de mort, de dépression hivernale, de solitude. Et pis ça frappe dans le mille.

Contrairement à ce que l'on peut penser, puisque je suis un musicien avec une formation en cinéma, rarement je n'associe une chanson avec un événement, sauf, bien entendu, dans un concert. Je le précise parce qu'à l'été 1998, ma relation avec la fille citée plus haut a pris fin. Il appert aussi que j'ai passé une bonne partie de l'été à écouter l'album des Colocs. Certains font le lien: il était déprimé, il a écouté de la musique déprimante, c'est pour cela qu'il aime l'album. Mais non. Non seulement il n'y avait aucune chanson sur repeat chez moi, mais même à ce jour, je n'associe aucune chanson (d'aucun artiste) ni aux meilleurs ni aux pires moments de ma relation avec elle, ni à ma façon de passer au travers la rupture (qui fut, en fait, d'obtenir le premier ''emploi de rêve qui allait me décevoir'', soit de travailler au magasin de livres et de disques usagés L'Échange).

Certaines chansons ont beaucoup tourné à la radio et à MusiquePlus, je pense ici évidemment à Tassez-Vous De D'Là et Pis Si Ô Moins, une rotation excessive qui aurait pu tuer le goût d'entendre ces chansons-là, mais il n'en fut rien. Et c'est tant mieux.

Avec le temps, j'ai pu apprivoiser certaines des pièces des albums précédents de façon à ne pas chercher les toilettes à tout prix quand je les entends dans un bar ou chez quelqu'un, mais elles demeurent moins bonnes et moins marquantes, moins poignantes que celles de Dehors Novembre. Comme si elles étaient incomplètes.

J'en discutais avec Jimmy Bourgoing, leur batteur originel, qui quittait le navire en 1998. Même lui ne peut écouter certaines pièces, dont la chanson-titre dont il a co-signé la musique, de l'album, parce qu'elles sont trop touchantes.

Il est difficile d'élever au rang de légende un artiste qui a pondu un chef d'oeuvre et deux albums potables, mais on l'a fait pour Kurt Cobain en 1994, même que pour lui, de façon posthume, on a révisé tous les palmarès du temps qu'il était en vie pour le faire passer de la deuxième, troisième, cinquième, dixième place à la première, révisionnisme assez bâtard. Et je pleure chaque fois que Dédé Fortin est comparé à Cobain, parce que c'est le rabaisser énormément que de le catégoriser ainsi.

Avec Leloup, Fortin aura été le porte-étendard d'une culture québécoise populaire et intelligente des années 90, qu'ils ont dû porter bien haut et bien seuls, malheureusement, trop peu souvent suivis par des Daniel Bélanger et Kevin Parent pas toujours à la hauteur - et dépassés en termes de ventes par des Éric Lapointe cheaps et des centaines de clones de Céline Dion.

jeudi 30 juillet 2009

Les Photos Osées De Béatrice Martin (alias Coeur De Pirate)

Voici donc le gros de l'histoire:

Il s'agît d'une belle fille. Une fille pas mal belle, même. En 2007, la fille en question, appelons-la Béatrice, se fait prendre en photo en tenue, disons, légère. Les belles filles, pour une raison ou une autre, aiment se faire prendre en photo avant d'atteindre un âge plus mûr, question de se rappeler quand elles faisaient baver tous les hommes, j'imagine.

Les filles qui trouvent qu'elles ont un défaut semblent encore plus destinées vers cela, et notre Béatrice, elle, de ce que l'on entrevoit/entend trois ans plus tard, n'a qu'un nez original qui ne cadre pas avec l'image habituelle d'une superbe fille. N'empêche, avec ses tatous et son cerveau hyperactif, elle est la bad girl dont tous les garçons rêvent. Mais ça, encore, ce genre de fille ne le croît pas toujours d'elle-même.

2007, donc, scéance de photos érotiques mettant en vedette la belle Béatrice. Scéance publiée chez un site web américain de filles ''pas habituelles, en tenue légère''.

En 2008, la gente dame, déjà musicienne indépendante, se décide à lancer un album solo. Admettons-le tout-de-go, je suis parmi lesquels elle demande de l'aide, dans mon cas pour enregistrer des coeurs et des sifflements. Oh, chanter des coeurs, je le peux, mais siffler, oh, que je suis pourri! On remet donc à une prochaine fois.

Entre-temps, un douteux chroniqueur du réputé journal Mirror, propose de faire une photo montrant les multiples tatous de la multi-talentueuse Coeur De Pirate, juste avant que son disque ne sorte. Un ''nu artistique'' sans fla-fla, mais que sa compagnie de disques (et son patron, le respecté Éli Bissonnette, également de l'étiquette Dare To Care et ami-par-alliance) demande gentiment de retirer du web, ce qui fût fait.

Puisqu'il en est là, Bissonnette demande aussi au site américain de mettre de côté les 'vielles' photos de Béatrice, question de ne pas ruiner sa carrière avant même qu'elle ne démarre. Chose qui fut faite.

Jusqu'ici, aucun problème. Plusieurs membres de la scène musicale ont vu ces photos, et la plupart n'y ont vu que de l'art (il faut dire que nous considérons aussi le roller-derby 100% féminin comme étant un sport légitime que nous encourageons).

Toutefois, un journaliste du Soleil, Ian Bussières, probablement en se masturbant, se rend compte que les photos qu'il regarde ne comportent pas le même nombre de tatous que la photo de presse officielle de Coeur De Pirate. Tout à coup, il lui vient à l'idée que ''Béa'' était possiblement mineure au moment où le Kodak fit son travail et, entre deux coups de bras sur le pénis, ne peut s'empêcher d'écrire un article à ce sujet. Que Tracii Lords l'ait fait il y a 15 ans, ça passe, que Samantha Fox l'ait fait à 16 ans aussi, mais une fille d'ici???

Un deuxième article suit, puis une comparaison entre toutes les artistes qui ont posé nues et dont les images ont rattrappé L'Image. Et, enfin, une quatrième chronique, par un tout autre journaliste, Matthieu Boivin, qui, enfin, expose en partie le point de vue de l'artiste.

Tout ce brouhaha pour quelque chose qui se trouve en BitTorrent, pour des photos dont une grande partie de ses fans sont déjà au courant, d'un site web qui ne les héberge plus depuis deux ans, à la veille de participer aux Francopholies de Montréal.

J'hésite entre:
- brasser de la marde pour rien, ou
- Much Ado About Nothing

Dans les deux cas, il s'agît d'une toute petite histoire sans histoire... une tempête dans un verre d'eau... une goutte de pluie dans l'océan...

J'espère que la belle s'en sortira quand même indemne.