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vendredi 25 novembre 2011

Lancement: 4 Minutes To Midnight

Mes amis chez 4 Minutes To Midnight - une revue littéraire plus souvent qu'autrement alliant poésie et mise en page, figures de style autant que typographie, lancent leur édition courante ce soir, plus bilingue qu'à l'habitude.

Aussi, cette fois-ci, la revue est dédiée à Expozine et la mise en marché de l'art indépendant au Québec; j'y ai contribué un texte en français, articulé autour de la musique. Par contre, mon texte s'est vu modifié quelque peu...

C'est donc sans complexe que je vous offre ici ma version originale, alors que vous pouvez commander la version abrégée et re-montée sur le site de la revue.


Le Québec, en tant qu’îlot majoritairement francophone dans un océan anglophone, est unique dans sa façon de voir la Culture, dans un pays où les deux peuples colonisateurs tentent tant bien que mal de se différencier culturellement des États-Unis.
Le Canada anglais a réussi à former des artistes qui se différencient de leurs compères américains de deux façons : en encourageant ceux qui en sont carrément différents (The Tragically Hip et Rush en musique, le Woodlands Style ou les Painters Eleven en peinture, le Vancouver School en photographie pour ne citer qu’eux) d’une part, et en s’hyper-américanisant de l’autre et faire des artistes canadiens-anglais des figures importantes aux États-Unis (Nickelback, Shania Twain et Céline Dion en musique, Michael J. Fox, Pamela Anderson et Jim Carrey au cinéma, Margaret Atwood et Douglas Coupland en littérature)- s’inspirer du star-système et l’infiltrer pour foisonner.
Au Québec, vu le contexte de la langue, les éditeurs se sont rassemblés pour s’entraider et créer une sous-culture (du point de vue nord-américain) qui deviendrait son propre star-système, avec une demi-douzaine de ‘gros’ éditeurs de livres, deux plus grandes compagnies de disques (Audiogram et Québécor) et un tout petit groupe de producteurs de cinéma qui engage toujours les mêmes visages, qui changent aux 10 ou 15 ans.
Le hic, c’est que tout cet ‘establishment québécois’ continue de se vendre comme étant des regroupements d’artistes indépendants, des petits travailleurs honnêtes pas trop riches, qui ne sont que des mouches comparées à leurs comparses américains, sauf que ce sont eux qui dominent la culture populaire, la radio, la télé, le cinéma, les salles de spectacles (surtout celles de plus de 100 places), les comptoirs à journaux… sans compter que Québécor est une grande entreprise d’envergure internationale qui tisse ses toiles dans la plupart des domaines économiques.
Et le reste de la Culture, celle qui n’est pas annoncée dans les épiceries, doit soit être considéré comme ‘la relève’ qui tente de percer dans ce marché, soit une culture vraiment, absolument indépendante, résolument en marge. En fait, plusieurs variétés de sous-cultures existent : quelques-unes tournées vers les Américains (punk hardcore, fanzines) ou vers les Européens (la musique métal et les films gore), la filière indie-rock à succès, les punks francophones, les poètes qui font plus de spectacles/lectures qu’ils n’ont de textes sortis en recueils…
N’empêche qu’on semble loin du Refus Global, qu’il ne se dégage guère d’unité, d’esprit de corps. Qu’on pense seulement au groupe punk The Sainte Catherines : leur leader, Hugo Mudie, a lancé sa propre compagnie de gérance, L’Écurie, qui en plus produit des spectacles et un mini-festival nommé le Pouzza Fest; un de leurs anciens membres, Wood Nadeau, promeut aussi des spectacles – d’abord seul, puis avec le collaboratif Mon Œil, devenu depuis L’œil du tigre, qui est avec le temps aussi devenu une maison de disques. Et bien que les deux clans collaborent souvent, à présenter des spectacles chacun de leur côté, ils se divisent le public-cible – pas seulement en argent, dont le montant est, avouons-le, quand même assez minime, mais surtout en gestion de temps. Qui a le temps d’aller voir deux concerts du même type par semaine alors que l’offre de divertissement à Montréal est presque sans limite?
Il y a aussi ce qui se produit entre les scènes différentes : la scène noise nouvellement implantée à St-Henri se rend moins souvent sur le Plateau ou dans le Mile-End; les salles du centre-ville ferment à vue d’œil, par dizaines, et celles qui demeurent sont trop grandes pour accueillir des groupes de moindre envergure et des projets plus osés. Les salles underground qui opèrent à la limite de la légalité se font fermer et celles qui demeurent se voient forcées d’opérer avec des budgets intenables, résultant en des factures salées qu’elles refilent aux groupes qui désirent s’y produire.

Il faudrait un organisme qui chapeaute toutes les scènes, presque bénévolement, afin de laisser libre cours aux artistes pour que ces derniers puissent s’occuper de faire ce qu’ils font de mieux : de l’art. Parce que créer est assez pointu en soi, et qu’après la création, vient la mise en marché et/ou la distribution de l’œuvre, qui elle non plus n’est pas qu’une partie de plaisir.

Mais aucune des grandes institutions ne veut en prendre charge : les ‘grands’ éditeurs préfèrent garder ceux qui font déjà partie de leur star-système; les ‘grands’ festivals préfèrent les artistes internationaux ou les ‘grands noms québécois’; les festivals de région n’en ont que pour les rockeurs de radio; et Pop Montréal est bien trop occupé à faire venir des oubliés des fins fonds des États-Unis qui n’ont pas fait de concerts depuis plus de 30 ans que de prêter l’oreille (et leur vitrine médiatique exceptionnelle) aux groupes émergents qui ne font pas partie de leur cercle d’amis.

Il faut dire que plusieurs musiciens, en jouant dans trois ou quatre groupes en même temps, trouvent eux-mêmes les moyens de se tirer des balles dans les pieds en multipliant l’offre d’entertainment (et par le fait même les demandes de subventions et les applications aux nombreux festivals et événements), en divisant le nombre de lieux d’exposition (en s’y produisant avec leurs groupes dits ‘secondaires’) et en étirant la patience de leurs proches, qui finissent par ne plus savoir où donner de la tête.

Et tout ça parce qu’il est dorénavant tellement facile de produire de la musique à rabais, soit en enregistrant live dans les locaux de pratique, en spectacle, ou chez soi sur un ordinateur – même un portable. Et ensuite, pour le sortir, il suffit de graver un CD-R encore dans son ordi, ou de convertir en mp3 et l’envoyer à tout le monde.

Par contre, ce qui est compliqué, c’est de sortir de sa scène, de son noyau d’amis et d’irréductibles, de propager son message à un plus grand nombre d’oreilles. C’est là que de converger les scènes, de collaborer entre groupes, genres, promoteurs et labels pourrait profiter à plusieurs groupes - surtout dans une ville cosmopolite, culturellement vivante, curieuse et dépensière comme Montréal.

Parce que si une revue est limitée par son tirage (physique, elle n’a aucune limite numérique, évidemment), il n’en est rien de la musique qui, elle, se retrouve déjà en mode internet de nos jours et qui, plus souvent qu’autrement, tire sa force d’être entendue en direct, en concert, de la communion directe entre le public et l’artiste.

Et je persiste à croire qu’une ville comme Montréal peut très bien abriter autant de salles de spectacles aujourd’hui qu’en 2009 (on en compte une soixantaine de moins à l’heure actuelle), et qu’elles peuvent toutes être pleines – et que tous pourraient y trouver leur compte.

C’est d’ailleurs pourquoi j’organise chaque année UnPop Montréal – pour donner aux artistes une plate-forme où se présenter, où expérimenter, où s’amuser. Des spectacles gratuits pour inciter les gens à découvrir les perles rares qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Parce que comme le dit si bien Wood Nadeau :

''La beauté de faire de la musique en ce moment, c’est que l’Industrie n’est plus en contrôle de la situation, nous le sommes. Et si l’Industrie tombe ou meurt, nous demeurerons actifs, parce que nous n’avons pas peur de perdre de l’argent, tant qu’on s’amuse comme des fous pendant ce temps-là.''

Le plaisir de créer d’un côté, le plaisir d’écouter de l’autre. Le retour à la case départ, à l’essentiel. Dire qu’on s’est laissé dire qu’on avait besoin de plus que ça pendant 50 ans…

Événement Facebook, pour ceux que ça intéresse.

mardi 15 février 2011

On Jase De Moi





Il y a deux semaines, je faisais une apparition remarquée lors d'un spectacle de The Lindbergh Line, un groupe de mes ami(e)s qui a beaucoup d'avenir. J'en parlais dans mon blogue anglo, ou du moins d'une critique du spectacle qui, ma foi, m'a comblé.

Voici une pas-vraiment-critique du même spectacle, en français cette fois-ci. Pas aussi bandante, mais bon.

mardi 16 novembre 2010

Le Cas Roberge - Coeur De Pirate




Il y avait longtemps que je n'avais pas parlé de Coeur De Pirate, depuis la controverse sur ses photos osées via Suicide Girls, en fait. Eh bien, voici une autre controverse dont elle aurait pu se passer et qui, encore une fois, a commencé dans les médias, à son insu: Maxime Roberge, animateur de radio de la chaîne Rock Détente, l'a traitée de ''plotte'', puis de ''plotte sale'' sur son compte Twitter.

Le twit, Roberge, ''suivi'' par très peu de gens, se pensait peut-être drôle et devait croire que ses paroles, du moins la première fois, ne dépasseraient pas son cercle ''d'amis'' sur la toile, et c'est pourquoi in a rajouté #ADISQ à son deuxième post, question de faire apparaître son commentaire insignifiant - le deuxième, celui où la ''plotte'' devient ''sale'' - sur la page de l'Adisq, qui, elle, est suivie par des milliers de gens normaux et plusieurs journalistes.



Peut-être qu'au Saguenay, les filles tatouées ont mauvaise réputation, faudrait le demander à Roberge, qui y sévit. Ou plutôt sévissait, parce qu'il a été remercié de ses services. Qu'importe, il aura maintenant tout le temps non seulement de répondre à vos interrogations sur les filles tatouées du Saguenay, mais aussi d'analyser le tout en profondeur s'il ne le sait pas déjà.

Plusieurs choses me surprennent dans toute cette histoire. Premièrement, je me rends compte qu'il y a de la radio-poublle à l'extérieur de Québec. Ensuite, il n'y a pas que les gens du Sud des États-Unis qui semblent avoir régressés de 75 ans dans les cinq dernières années, ceux des trous du Québec - communément appelés ''régions'' - aussi. Ça vote Conservateur, insulte les femmes, veut abolir le registre des armes à feu... ne reste plus qu'à retourner en masse à l'église et enlever le droit de vote aux minorités ethniques et la transformation sera complète.

Le plus étourdissant de l'histoire, par contre, est que Roberge animait à Rock Matante - la station qui a peur de faire jouer des ballades d'Éric Lapointe parce que c'est ''trop tough'', qui a la même playlist depuis des décennies et la seule place où Coeur De Loup joue règne encore tous les matins. Je peine à croire que les animateurs de la station ne soient pas aussi ''safe'' et proprets que leurs auditeurs.

Mais tabarnak, qu'est-ce qu'elle vous a fait, la Pirate? Traitez-vous Ginette Reno de ''grosse truie'' sur vos comptes Twitter, les caves? On peut ne pas aimer sa musique - quoique je ne suis pas certain à 100% que Roberge l'ait même écoutée - mais de là à insulter la chanteuse non pas directement sur son physique mais sur ce qu'on assume que son physique contient, des insultes dégueulasses et RÉPÉTÉES en plus, il faudrait que Roberge n'ait plus jamais accès à un micro pour le reste de sa vie. À part peut-être dans son sphincter, si je le croise dans une ruelle.

Dire qu'elle venait de gagner un trophée amplement mérité récompensant le fait qu'elle rayonne hors-Québec. Nul n'est prophète en son pays?

mardi 7 septembre 2010

Pas De Bruit Dans Mon Plateau

On y revient assez fréquemment...

Depuis un an et demi, des tonnes de petites-et-moyennes salles de spectacles ont fermées: Zoobizarre, Main Hall, Les Saints, Lab.Sybthèse, Kola Note, Le Medley, Le Spectrum, Black Dot, Le Sergent Recruteur, Green Room, Baloo's, LBH, The Pound... sans compter celles qui ont dû déménager ou vendre pour survivre, telles Katacombes, Jupiter Room (maintenant Le Jukebox, à la clientèle de style douchebag/450/cheveux graissés et peau orange/char sport rouge)...

Souvent, pour cause de plainte d'un seul voisin. Maintenant, la Ville et le Plateau ont mis sur pied une nouvelle division policière dévoué au bruit dans leur quartier, appellée 'Noise', qui ont pour mission de donenr des amendes aux bars qui émettent trop de bruit... sans jamais préciser le nombre de décibels requis. Ainsi donc, si l'arrondissement a besoin de cash pour faire ses frais, l'escouade pourrait entrer dans un commerce où aucune musique ne joue et décerner une amende à sa guise, puisque le règlement n'en précise pas la teneur. Hot, non?

Encore plus con: les amendes sont maintenant jsuqu'à 10 fois plus salées qu'avant, et selon la nouvelle loi à Montréal, la notion de ''bruit excessif'' ne tient plus compte de l'heure de la journée (auparavant 23h), donc un commerce peut se voir faire les frais d'une amende même à midi, alors qu'il n'y a aucun voisin autour.

En plus, la ville est, depuis un an, à 'tolérance zéro' pour l'affichage sauvage - les posters de concerts sur les poteaux de lumières ou parcomètres; ils envoient leurs amendes par la poste aux artistes qui se produisent, au producteur du spectacle (si mentionné) et à la salle, pour 2000$ par poster trouvé. Alors que plus souvent qu'autrement, ni l'artiste ni la salle n'ont droit de regard sur la publicité d'un show ni où la pub sera affichée. Ghislain Poirier, DJ de renommée internationale, en parlait en avril dernier.

Le 26 août dernier, dans le cadre de mon festival UnPop Montréal, j'ai booké 6 shows au Parc Des Amériques dans le cadre de la vente trottoir sur la rue St-Laurent, un évènement officiel dont la Ville se vante année après année. Un show par heure, de 16h à 22h, celui de 21h à 22h étant acoustique. À 19h30, pendant la prestation de Desert Owls, deux policiers sont venus faire leur ronde; ils auraient pu envoyer des undercover, mais ils ont choisi d'envoyer deux policiers en uniforme à la place, pour intimider la foule sans raison. Le mood est passé de festif à méfiant. Même les deux enfants qui dansaient ont eu peur de leurs airs de boeufs. À 20h20, ils en ont remis: ils ne sont pas entrés sur le site mais ont demandé à Dead Messenger, le meilleur groupe live en ville, de baisser le son - ce qu'ils ont fait. Nous avons reçu une amende de plus de 500$ pour avoir utilisé des micros pour le set de 21h (Allan Lento avec Will Austin), qui avait été annoncé 'acoustique'... mais ils utilisaient bel et bien des guitares acoustiques - pas ploguées - et le micro n'était que pour la voix, et était bas - au niveau 1 du système de son. Juste assez fort pour se faire entendre à une trentaine de pieds à la ronde, donc une partie du parc.

La nouvelle a fait le tour de la ville et de ses journaux assez rapidement; encore une fois, Poirier s'est porté à notre défense via lettre ouverte.

Si la vie culturelle quitte le Plateau, les morons qui viennent de s'y acheter des condos et qui espéraient la quiétude de Candiac vont y vivre plus paisiblement, il est vrai, mais quand va venir le temps de revendre, ils vont découvrir avec surprise qu'un coin mort, culturellement, ça perd de la valeur. Alexandre Paré, DJ à temps partiel et bientôt maître en urbanisme, s'exprime très bien sur le sujet. Tellement que Cyberpresse a repris son texte.

Un bar qui ferme, c'est souvent une mini-entreprise qui fait faillite - le PIB qui baisse, la valeur mobilière aussi, et quelques cotes de crédit. C'est aussi une ou quelques dizaines d'employés qui perdent leur emploi, un taux de chômage qui grimpe, des travailleurs qualifiés qui nesont pas utilisés. C'est souvent un lieu où des artistes visuels exposent, donc une galerie de moins. C'est un lieu où entre 3 et 20 musiciens se font les dents chaque soir, soit dans le but de divertir les matantes de la Rive-Sud et de passer à Belle Et Bum et CKOI, soit s'investir dans la création originale qui fera de Montréal une ville qui gardera sa réputation actuelle internationale de métropole créative dans d'autres pays. Et c'est aussi perdre un lieu où socialiser en payant trop cher des breuvages alcoolisés dont la majeure partie du prix est une taxe/redevance à la SAQ, donc un impôt indirect. En plus des vrais impôts des employés et de l'entreprise.

Perdre une quinzaine de ces lieux en à peine plus d'un an est inacceptable dans une ville qui se respecte. Dans une ville qui ne veut pas devenir fantôme.

Même Mario Dumont disait, pas plus tard que la semaine passée, que Montréal, désormais, n'était que ville d'évènements - que les grandes compagnies n'y avaient plus leurs sièges sociaux, que les grands manufacturiers n'y étaient plus établis, que les emplois ouvriers, outre ceux de la contruction, y sont somme toute presque disparus. Il ne faudrait pas tuer dans l'oeuf ceux qui vont créer ces évènements...

Biz Markie Déçoit À Montréal (Bis)

En août 1998, les Beastie Boys sont débarqués au Centre Molson, à Montréal, avec une brochette d'invités magistrale... sur papier. A Tribe Called Quest n'ont jamais franchi la frontière, Biz Markie n'a pas daigné chanter ses chansons et s'est plutôt attablé aux tables tournantes et a fait un DJ-set nul où la foule n'a embarqué que lorsqu'il a fait jouer Jump Around de House Of Pain. Assez nul. L'autre première partie (dont l'identité m'échappe en ce moment) a également été pourrie, et il aurait fallu que les Beastie assurent pour sauver la mise - ce qu'ils n'ont pu faire, malheureusement. Ils ont gardé les deux seules bonnes chansons/interprétations de la soirée pour le pseudo-rappel - Intergalactic et Sabotage - et nous ont quittés après 80 minutes d'entertainment (au total, tout compris) et après nous avoir pris 40$ des poches.

Toujours est-il que Biz Markie est revenue en ville en fin de semaine, au ''festival'' M Pour Montréal, au Vieux-Port, étant la tête d'affiche du dimanche, à 22h. Mon ami Éric y était et, comme moi 12 ans auparavant, a aussi eu droit à un DJ-set non-annoncé plutôt qu'une performance de rap. Voici son compte-rendu.

L'histoire se répète.

mercredi 11 août 2010

Plogue Gratuite

Mon bon ami Éric Robillard a commencé à faire des critiques de spectacles sur le site Sorstu.ca...

Voici sa critique du show de Public Enemy d'en fin de semaine, que j'ai dû manquer.

Pas pire, hein: aucun texte en français en un deux mois, pis la seule affaire que je trouve à écrire c'est deux lignes pour ploguer le travail d'un de mes amis!

Comme ils disent à Candiac: c'est la vie!

mardi 1 juin 2010

Lettre Ouverte À Nathalie Petrowski

Bonjour,

j'ai apprécié votre chronique qui critiquait l'étude de MacLean's sur la culture - surtout l'angle des manifestations artistiques gratuites, même si vous vous êtes surtout arrêtée à celles qui sont financées par nos impôts.

Par contre, il s'en trouve bon nombre d'autres, dont UnPop Montréal, un festival annuel qui se tient depuis 2005 à la fin de l'été et qui dure, bon an mal an, deux semaines, et met en vedette des artistes de la relève qui finissent presque tous par percer ailleurs (de l'édition 2009, d'ailleurs, deux seront aux FrancoFolies cet été, Patrick Pleau et Philémon Chante).

Le tout financé directement du porte-monnaie d'un mécène lui-même auteur-compositeur-interprète de la relève - moi.

Mais je ne m'attendais pas à ce que vous le sachiez - La Presse demeure le seul journal montréalais qui a toujours omis de parler d'UnPop; le JdM, Ici, Voir, 24 Heures, Hour (une page fronticipice en 2006), Mirror (deux pages fronticipices, 2005 et 2009), Métro, The Gazette - tous les autres en ont parlé au moins une fois.

Drôle, quand même.

Au plaisir de vous y voir, cet automne...


Sébastian Hell

jeudi 27 mai 2010

Philémon Chante, Et Chantera Longtemps

Dire que l'automne passé, Philémon Chante faisait une prestation gratuite à UnPop Montréal, mon festival annuel... et que par la suite, j'ai partagé la scène avec lui en première partie de Daniel Greer dans une Brasserie Ste-Ambroise vide...

Comme Patrick Pleau avant lui, Philémon Bergeron-Langlois gravit les échelons hyper-rapidement, et sera non seulement du Festival Fringe le 12 juin, mais aussi aux FrancoFolies le 15.

Et mardi dernier, il lançait son premier album, Les Sessions Cubaines, à la Casa Del Popolo, remplie à pleine capacité pour l'occasion. Malgré quelques pépins tels que l'absence de sa charmante et incroyablement talentueuse violoniste Zoé Saint-Pierre... ou même des disques, il semble que le show n'ait fait que des heureux.

Articles d'avant-spectacle du Voir, Nightlife et même L'Actualité!

Comptes-rendus du spectacle:
en français: sur 4MTL et sur Bombe.tv
en anglais: sur Free After Four et Examiner

De la joie, de la tristesse, de la sincérité... le rendu est ce qu'il est, et la critique est unanime. Bravo!

mercredi 14 avril 2010

Ghislain Poirier À La Rescousse De La Culture

Depuis le temps que j'en parle aussi - 2005 dans la vraie vie, 2008 en blogues, 2009 en blogues, presque 2010 en blogues - voilà que les médias s'intéressent enfin au problème croissant de la Culture Indépendante qui se meurt dans notre belle ville qui, elle, continue de se vanter sur toutes les plate-formes internationales qu'elle trouve, du Grand Prix aux Sommets Économiques aux manifestations artistiques - tout en donnant des amendes aux artistes qui osent afficher leurs spectacles en public, en fermant par dizaines les petites et moyennes salles de spectacles, surtout celles qui ne sont pas affiliées à Spectra, qui semble être le Propriétaire et Gérant de la Culture-Québécoise-Qui-N'Est-Pas-Angélilienne.

Et si ça a pris Ghislain Poirier pour que ça sorte, soit. C'est un crisse de bon gars, et tout un DJ; son nom a une portée qui, je l'espère, finira par atteindre la bonne oreille au pouvoir - quoiqu'aujourd'hui, dans les bureaux du maire, on disait ne pas connaître Poirier. Faut quand même être ignorant de ce qui se passe dans sa propre ville... faut croire qu'un abonné de l'OSM (pour bien parraître en donnant ses tickets à ses voisins ou ''donateurs spéciaux'') qui va au musée juste quand il y a une occasion de se faire de la presse n'ira pas dans des soirées ''Bounce Le Gros'' qui attirent 2000 personnes au Métropolis...

Bande de caves.

mardi 11 août 2009

Mentalité De Village

Ainsi donc, le maire de Québec est en furie. ''Son'' Festival d'Été, sa principale attraction estivale mis à part toutes les qualités touristiques de son village, sera dorénavant devancé par les FrancoFolies de Montréal.

Les FrancoFolies, se targuant d'être le deuxième festival de musique francophone au monde, après les Francofolies de Larochelle évidemment, dans la deuxième ville francophone du monde, après Paris, se doivent absolument d'attirer les grandes vedettes qui chantent dans la langue de Molière - autant ceux qui ont l'accent de Renaud que ceux qui chantent avec l'accent de Gerry Boulet - pour conserver leur crédibilité.

Toutefois, les artistes français connus tournent en juin et juillet, dates où ils peuvent se produire pendant les grands festivals européens comme à leurs concerts assignés. En août, ça devient plus compliqué. Le dirigeant des FrancoFolies, Alain Simard de Spectra, un petit Napoléon des finances publiques qui tente de Disney-ifier le centre-ville de Montréal, a quand même pris la seule décision qui s'imposait dans la situation où il était.

Mais Régis Labaume monte sur ses grands chevaux. En fait, ses petits chevaux, de Québec, plus des ponys, en fait. Et juste un, parce qu'on est en récession, et qu'à cause des fusions, Lévis et Ste-Foy ont aussi droit à leurs ponys. Mais il gueule fort sur son pony, le Régis, et il le fait devant les kodaks des médias!

Ça fait des réactions de chroniqueurs, quelque chose à lire pendant qu'il n'y a pas de hockey et que Jean Leloup et Éric Lapointe se tiennent tranquilles; ça divertit des gens qui ne s'intéressent pas habituellement à la musique francophone.

Ce que j'aime le plus de la réaction du maire Labaume, qui la rend différente de celles du Festival de Tadoussac et du comité de la Fête Nationale, c'est qu'il demande aux gouvernements, qui les subventionne pratiquement tous à 200% (dépenses, salaires et pertes), d'intervenir. C'est comme si Il Divo se plaignaient que Sony mettait plus d'argent en publicité à Céline Dion qu'à eux, alors qu'elle a beaucoup plus d'envergure internationale et attire beaucoup plus de gens et, donc, rapporte beaucoup plus d'argent en impôts...

J'ose espérer qu'il n'aura pas ce qu'il désire.

jeudi 30 juillet 2009

Coeur De Pirate Répond...

... et blâme Béatrice Martin, ou du moins la Béatrice Martin insécure qu'elle était il y a deux ans. Alain De Repentigny, de La Presse, est le récepteur de ses confessions.

Bon, elle aurait pu assumer à 100% plutôt que de dire qu'elle a ''envie de pleurer'' quand elle revoit ces photos-là... mais on va lui laisser le bénéfice du doute.

Elle n'est pas la première fille qui pose nue, et, espérons-le, ne sera pas la dernière non plus. Elle regrette et ne veut plus en parler, passons à autre chose.

Suivante!

Les Photos Osées De Béatrice Martin (alias Coeur De Pirate)

Voici donc le gros de l'histoire:

Il s'agît d'une belle fille. Une fille pas mal belle, même. En 2007, la fille en question, appelons-la Béatrice, se fait prendre en photo en tenue, disons, légère. Les belles filles, pour une raison ou une autre, aiment se faire prendre en photo avant d'atteindre un âge plus mûr, question de se rappeler quand elles faisaient baver tous les hommes, j'imagine.

Les filles qui trouvent qu'elles ont un défaut semblent encore plus destinées vers cela, et notre Béatrice, elle, de ce que l'on entrevoit/entend trois ans plus tard, n'a qu'un nez original qui ne cadre pas avec l'image habituelle d'une superbe fille. N'empêche, avec ses tatous et son cerveau hyperactif, elle est la bad girl dont tous les garçons rêvent. Mais ça, encore, ce genre de fille ne le croît pas toujours d'elle-même.

2007, donc, scéance de photos érotiques mettant en vedette la belle Béatrice. Scéance publiée chez un site web américain de filles ''pas habituelles, en tenue légère''.

En 2008, la gente dame, déjà musicienne indépendante, se décide à lancer un album solo. Admettons-le tout-de-go, je suis parmi lesquels elle demande de l'aide, dans mon cas pour enregistrer des coeurs et des sifflements. Oh, chanter des coeurs, je le peux, mais siffler, oh, que je suis pourri! On remet donc à une prochaine fois.

Entre-temps, un douteux chroniqueur du réputé journal Mirror, propose de faire une photo montrant les multiples tatous de la multi-talentueuse Coeur De Pirate, juste avant que son disque ne sorte. Un ''nu artistique'' sans fla-fla, mais que sa compagnie de disques (et son patron, le respecté Éli Bissonnette, également de l'étiquette Dare To Care et ami-par-alliance) demande gentiment de retirer du web, ce qui fût fait.

Puisqu'il en est là, Bissonnette demande aussi au site américain de mettre de côté les 'vielles' photos de Béatrice, question de ne pas ruiner sa carrière avant même qu'elle ne démarre. Chose qui fut faite.

Jusqu'ici, aucun problème. Plusieurs membres de la scène musicale ont vu ces photos, et la plupart n'y ont vu que de l'art (il faut dire que nous considérons aussi le roller-derby 100% féminin comme étant un sport légitime que nous encourageons).

Toutefois, un journaliste du Soleil, Ian Bussières, probablement en se masturbant, se rend compte que les photos qu'il regarde ne comportent pas le même nombre de tatous que la photo de presse officielle de Coeur De Pirate. Tout à coup, il lui vient à l'idée que ''Béa'' était possiblement mineure au moment où le Kodak fit son travail et, entre deux coups de bras sur le pénis, ne peut s'empêcher d'écrire un article à ce sujet. Que Tracii Lords l'ait fait il y a 15 ans, ça passe, que Samantha Fox l'ait fait à 16 ans aussi, mais une fille d'ici???

Un deuxième article suit, puis une comparaison entre toutes les artistes qui ont posé nues et dont les images ont rattrappé L'Image. Et, enfin, une quatrième chronique, par un tout autre journaliste, Matthieu Boivin, qui, enfin, expose en partie le point de vue de l'artiste.

Tout ce brouhaha pour quelque chose qui se trouve en BitTorrent, pour des photos dont une grande partie de ses fans sont déjà au courant, d'un site web qui ne les héberge plus depuis deux ans, à la veille de participer aux Francopholies de Montréal.

J'hésite entre:
- brasser de la marde pour rien, ou
- Much Ado About Nothing

Dans les deux cas, il s'agît d'une toute petite histoire sans histoire... une tempête dans un verre d'eau... une goutte de pluie dans l'océan...

J'espère que la belle s'en sortira quand même indemne.

mercredi 24 juin 2009

Bonne St-Jean Quand Même

La controverse entourant le spectacle d'hier où deux groupes anglos ont joué étant maintenant chose du passé, on peut passer aux Vraies Affaires.

La St-Jean-Baptiste. La Fête Nationale.

Le solstice d'été est arrivé, il fait beau, il fait chaud, on va passer la journée à ne pas s'adonner à notre sport favori (celui de rabaisser les Québécois qui connaissent du succès à l'étranger, c'en est d'ailleurs le seul jour de congé de José Théodore dans le domaine).

Normand Brathwaite va se fendre le cul à animer une foule vendue d'avance et à soulever une fibre indépendantiste que les artistes quétaines invités à son show tenteront de feindre ne pas avoir compris pour ne pas froisser les gens qui ne se seront pas déplacés pour voir le spectacle.

MusiquePlus va va faire son possible pour donner un répit aux clips de Madonna, U2 et Lil' Wayne qui constituent habituellement 80% de leur programmation et vont nous ressortir des chefs d'oeuvres (ou plutôt des hors-d'oeuvres) de Véronic Dicaire et Julie Masse quand ils vont se rendre compte qu'après avoir joué des clips de Malajube, Karkwa, Jean Leloup et quelques groupes de la relève (ainsi que trois rappeurs), il restera encore 23 heures à remplir avant de ressortir les cassettes BetaMax usées de Green Day et Eminem de la resurfaceuse.

On va boire de la Molson Ex, de la 50, de la Bleue Dry et de la Coors Light plutôt que de la Unibroue ou Cheval Blanc, mais quand même, on va boire de la bière et faire des jokes de blondes et profiter de la belle journée de congé qu'on nous offre en ce premier jour d'été, parce qu'on sait aussi que dans exactement une semaine, au Canada Day, ou bien il va mouiller comme ça ne se peut pas, ou bien il va pleuvoir dans nos coeurs non seulement par principe mais aussi parce qu'on aura fêté la veille sans raison et qu'il faudra déménager le beau-frère trop tôt le matin avec un mal de tête de l'enfer où il faudra passer d'un sous-sol à un troisième étage, passer 5 heures dans le traffic, attendre 2 heures pour recevoir la pizza froide et mal cuite, et que le magasin de location de camion va être fermé quand il sera temps de ramener le truck, et qu'il va falloir le payer pour une journée de plus.

Bonne St-Jean quand même!

vendredi 19 juin 2009

Une Saint-Jean Bilingue! Tabarnak! (ajout)

Le hockey terminé, il y a un nouveau sujet de l'heure au Québec: le biliguisme de la Fête Nationale! Et ça crie fort dans les chaumières: ''on les endure à longueur d'année, depuis 450 ans, on se fait notre propre fête pour célébrer notre survie vis-à-vis eux, et voilà qu'ils viennent même envahir notre Fête à nous''. Les groupes séparatistes sont en colère!

Peu importe d'où ils viennent et le message qu'ils véhiculent, j'ai toujours bien de la difficulté à ne pas associer les manifestants aggressifs et trop frustrés aux manifestants de droite aux États-Unis (exemple comique ici, un rallye anti-David Letterman). Bon, c'est sûr qu'une manif pacifique et pacifiste, c'est autre chose, mais la colère des anti-groupes anglophones de cet été est telle que, vraiment, elle frôle l'illogisme.

Bon, Nathalie Petrowski aborde un peu le sujet ici, en mentionnant que Simple Plan, Pascale Picard et Céline Dion font tous carrière internationale dans la langue de Men Without Hats, le fait demeure que, depuis 2003, à l'échelle mondiale, la musique canadienne est représentée par ses merdes extrêmes (Nickelback, Theory Of A Deadman, Sum-41, Avril Lavigne, Swollen Members - tous des bons Canadians provenant de l'ouest de Gatineau) et ses véritables artistes dont le travail de recherche est complexe et apprécié (Patrick Watson, Arcade Fire, The Dears, The Stills, The Nymphets, Wolf Parade, les Wainwright (Rufus et Martha), Melissa Auf Der Maur, et j'en passe - TOUS Montréalais.

Autant dans les années 70, c'était les Robert Charlebois, Offenbach et autres Harmonium qui éclairaient notre paysage culturel, autant de nos jours les Anglos de Montréal en sont les phares. On dit que la création et l'art en général se nourissent des douleur et des difficultés; les artistes sus-mentionnés la connaissent: ils vivent en minorité dans la seule vraie ville de leur province qui, elle, est la minorité de son continent. Ils sont une mise en abîme parfaite du monde dans lequel nous vivons tous, en ce nouveau millénaire.

Et il faudrait les refuser dans nos célébrations parce que, comme nous, ils ne 'fittent' pas dans leur environnement? Parce que comme nous, ils sont minoritaires?

Contrairement à leurs parents ou grand-parents, ces artistes de 30 ans et moins ont appris le français à l'école (grâce à la Loi 101); plusieurs, même, se feraient mieux comprendre de la communauté internationale que bien des Québécois pure-laine du fin fond des campagnes, parce qu'ils ont appris un français plus international et neutre à l'école, mais en nous côtoyant, ont aussi appris à apprivoiser notre accent distinct. Je me plais aussi d'ajouter que plusieurs d'entre eux écrivent leur français avec moins de fautes que la plupart d'entre nous.

Parlant de distinct, a-t-on déjà oublié que par deux fois nous avons perdu un référendum sur la souveraineté? Si on n'est pas capables de se convaincre soi-même du bien-fondé d'être maîtres chez soi, au lieu de blâmer ''l'argent et le vote ethnique'', ne devrions-nous pas convaincre l'autre majorité de notre province que, dans le fond, à part la langue, nous sommes tous disctincts, mentalement, du reste du Canada, du reste du continent, de par notre ouverture sur le monde, nos tendances gauchistes, notre côté égalitaire, notre nature à être contre la guerre non-fondée (celle d'Irak me vient en tête, alors que les manifestations étaient plus grosses à Montréal que dans le reste du pays, plus favorable aux invasions barbarres), pour la liberté plus que la sécurité...

Christ, les anglos du Québec, ce sont aussi des Québécois, ils sont bien plus proches de nous que des Torontois. Les Molson et les Bronfman, ce sont les premiers locaux qui ont pris leur destinée en mains aux dépens des Américains. Ils parlent notre langue - celle de l'auto-gérance.

Au lieu de s'en limiter aux slogans, il serait peut-être temps qu'on s'ouvre plus à notre propre monde qu'au monde extérieur, parce qu'à date, on semble porter des oeillères. On pourrait plutôt tenter de les convaincre du bien-fondé de nos intentions - celle d'assurer notre pérennité tout en habitant un pays où il fait bon habiter, où les enfants peuvent avoir une éducation qui a de l'allure, où les malades peuvent se faire guérir, où les élus ne parlent pas de rétablir la peine de mort ou contrer le droit à l'avortement, où on peut tenter de repousser encore plus loin les limites entre les gens et leurs droits, peu importe leur sexe, orientation sexuelle, origine ethnique, religion, opinion politique, langue maternelle.

En attendant, mon pays, ce n'est pas un pays où le français est la langue d'usage, c'est une bande de caves qui préfèrent se battre entre eux pour des conneries et qui acceptent de se faire dire ce qu'ils doivent faire par le premier ministre du pays voisin qui n'a même pas été élu majoritairement. Bravo.


ajout: Patrick Lagacé commente aussi, en fin de texte.

jeudi 5 février 2009

Quebecor Persiste Et Exige Que L'On Signe

Drôle d'histoire que celle du congédiement de Michel Vézina par Ici, journal hebdomadaire gratuit appartenant à Quebecor. Sans trop se le cacher, le journal admet du bout des lèvres que le chroniqueur littéraire a été remercié de ses services pour avoir refusé de céder ses droits d'auteur et droits moraux à son employeur, qui aurait alors pu, contre son gré et sans le payer davantage, publier ses textes dans d'autres publications appartenant au géant de la désinformation.

Comme, par exemple, dans le Journal De Montréal, actuellement en lock-out. Comme dans le Journal De Québec, lock-outé pendant deux ans. Même dans leurs revues à potins si besoin est et qu'un conflit de travail finit par y sévir.

Vézina ne voulait pas servir de scab, et a perdu son emploi à cause de ses principes. Au moins il peut se regarder dans le miroir sans avoir honte, contrairement aux cadres de l'empire de Pierre-Karl Péladeau, qui semblent inventer de nouvelles façons de berner les gens à chaque jour. Ils voudraient avoir 20 magazines et 20 journaux qui contiennent les mêmes textes que les gens achèteraient en plusieurs exemplaires et qui seraient analysés à deux stations de télévision et 20 stations de radio qui offrent la même programmation avec les mêmes animateurs pour ensuite pouvoir vendre le tell-all book autobiographique avec leur compagnie d'édition qui feraient de la promotion à leurs deux stations de télé et leurs 20 stations de radio et qui foutteraient les encarts publicitaires dans leurs 20 revues et 20 journaux pour ne finir que payer qu'une poignée de personnes en suçant tout l'argent de la province.

On croirait que la fin approche, que le fond du gouffre soit à la portée, que l'implosion ne pourrait tarder... mais ça empire à chaque semaine avec un nouveau scandale de contrat d'exclusivité et de cession de droits - parce que tout le monde qui manque de couilles les signent et se ferment la gueule, alors que dans une société de 7 millions d'habitants et des centaines d'artistes et seulement trois groupes médiatiques privés qui offrent de la visibilité en plus de la télé et la radio d'État, ce devrait être les créateurs qui auraient le ''gros boutte du batte'' comme dirait Stéphane Richer.

Mais pour faire son cash avec un peuple de brebis, faut bien que leurs modèles directs en soient aussi. C'est sûrement aussi la raison pour laquelle on ne voit pas Arcade Fire à TVA, pourtant un grand groupe à réputation internationale - parce qu'eux, non seulement ils ne se soumettront pas à ces âneries, mais ils peuvent aussi très bien s'en passer, de TVA et de Quebecor World, puisqu'ils jouent à la BBC et à Saturday Night Live et réussissent à bien vivre en dehors de notre simili-star-système miniature qui s'entre-mange, s'auto-récompense et s'accouple entre lui-même à temps plein.

Il en faut plus, des artistes qui ont un colonne vertébrale solide, des Jean Leloup hors normes et imprévisibles, des Colocs qui abordent des sujets et enjeux sociaux importants. Ça fait presque 10 ans maintenant qu'on vit dans un abîme de Sylvain Cossette et de Marie-Mai. Sacrament!

Au moins, il y a encore des journalistes qui se tiennent debout. Bravo, M. Vézina.

lundi 17 novembre 2008

Éric Lapointe Et Fumer Devant Public

J'aime quand les journalistes se formalisent de plaintes de lecteurs pour trouver un sujet sur lequel écrire...

Dans ce cas-ci, il y a un blogueur dont je n'avais jamais entendu parler (journaliste à La Voix De L'Est, semble-t-il) qui décide de se demander, ou enfin de demander, sans y répondre lui-même, si Éric Lapointe a le droit de fumer pendant ses spectacles, alors que la loi interdit de fumer dans les lieux publics et que, par conséquent, ses fans, eux, doivent aller fumer à l'extérieur.

Sujet de blog assez banal en soi qui provoque quand même une assez grande réaction en moi pour que j'y réponde, donc sûrement universel, en ce sens qu'il traite de droits, libertés, et des limites de l'art.

On tend à oublier que, talentueux ou pas, Éric Lapointe est un artiste. Un artiste dit 'de performance', puisque la plupart de ses revenus se gagnent sur scène.

Or, fumer fait partie de son personnage, donc de sa performance. Il joue au bum, il boit et fume sur scène, habillé en manteau de cuir et en jeans bleus, comme des milliers de 'rockers' depuis les années 60, de Renaud à Bruce Springsteen en passant par Judas Priest. Que ça lui plaise ou non, que ça plaise ou non aux personnes qui achètent ses billets, il faut qu'il joue le jeu, chaque soir.

Se plaindre qu'Éric Lapointe fume en spectacle, c'est comme se plaindre que Bob Dylan prononce mal ses mots, que Bono fait toujours des signes de croix et des speechs sur l'Afrique, que Mariah Carey éternise ses mots en fin de phrase, que Céline se tape le torse pour faire semblant d'être émotive, que Pierre Légaré est chauve.

Surtout que Lapointe est hyper-médiatisé au Québec. On sait de quoi il a l'air, à quoi s'attendre à chaque show.

Faut être con pour payer pour, et faut être doublement plus con pour s'en plaindre après coup.

lundi 10 novembre 2008

Relève, Jeunesse... Jusqu'à Quel Âge?

J'ai reçu aujourd'hui un courriel m'informant d'un spectacle de la relève qui aura lieu ce mercredi, le 12 novembre à 20h00 à la Salle Pierre-Mercure de la Place Des Arts.
Artistes présents: Steve Veilleux (Kaïn), Boom Desjardins, Renée Martel, Marie-Lucie Béland, Simon Petit et Sarah Jones.
Bon. Kaïn, nommé pour certains prix au Gala de L'ADISQ il y a une semaine, c'est relativement nouveau. Passe. Marie-Lucie Béland, Simon Petit et Sarah Jones - connais pas; ce doit être de la relève. Renée Martel? Si ce n'est pas pour animer la soirée, vraiment, je ne comprends pas - à moins que ce soit parce que vu son âge avancé, elle a plus de difficulté à se relever lorsqu'elle s'assoit...

Et le foutu Boom Desjardins... Déjà que La Chicane nous a fait chier pendant 5 ans, qu'on se le tappe encore à la radio et la télé trop fréquemment en solo - on va nous faire croire qu'il est de la relève? Me semblait que la relève, c'était pour les talents de demain. Non seulemnet demain n'est pas hier, mais côté talent, on repassera. À comparer avec Boom Desjardins, Éric Lapointe a la prestance de Mick Jagger alors qu'il devrait être Sammy Hagar, genre.

Donc... Relève, Jeunesse... Jusqu'à Quel Âge?

C'est une question que je me pose depuis longtemps. Au moins 15 ans - donc, depuis l'âge de quinze ans. À l'époque, côté culture (chanson, en fait), pour les jeunes, la relève, il y avait le concours CHOM-L'Esprit pour les anglos et l'Empire Des Futures Stars de CKOI, et quelques autres concours officiels plus prestigieux pour les chanteurs ou compositeurs en solo (celui de Granby, surtout).

Ensuite, j'imagine, se sont créés, par necessité, CÉGEP En Spectacle et autres Ma Première Place Des Arts, plus souvent qu'autrement où le vainqueur était oublié en moins de deux ans (allo Kermess!) et où 11 des douze finalistes avaient peu d'avenir dans le domaine.

On a ainsi enduré Rude Luck pour finir avec Luck Mervil et Rubberman pour finir avec Jonas, et The Respectables pour finir avec Les Respectables.

De nos jours, la plupart de ces concours existent encore, parfois sous d'autres formes ou d'autres noms, mais plus au niveau de popularité qu'ils avaient il y a 10 ou 15 ans (sauf le Festival De La Chanson De Granby, évidemment, le meilleur endroit pour percer pour les auteurs-compositeurs-interprètes).

Ainsi, au lieu de se tourner vers les concours boboches, les artistes dits de la relève se tournent vers les gouvernements pour avoir des bourses qui leur permettent d'enregistrer des albums (on fait de notre possible pour oublier que le gouvernement fédéral a aboli la plupart des programmes d'aide aux créateurs, ici, et on assume qu'il les referra naître de leurs cendres).

Mais même les gouvernements ne sont pas clairs dans ce qu'ils considèrent comme étant la jeunesse et la relève. Parfois ça arrête à 25 ans, d'autres 30. Pour certains programmes, ils vont jusqu'à 35 ans.

J'ai 30 ans et je n'ai jamais eu de hit qui joue à la radio (je n'en aurai jamais). Suis-je jeune, ou de la relève? Non. Absolument pas. Kurt Cobain est mort à 27 ans, 4 albums derrière la cravate (le chandail de pyjama?), il est mort jeune en ce sens que l'espérance de vie en 1994 dépassait les 90 ans, mais il avait beaucoup fait, beaucoup vécu, et avait le droit de vote depuis presque 10 ans...

Déjà, à 25 ans, on comprend le monde, comment il fonctionne, comment il tique; on connaît ses capacités, ses limites, les lois. On s'est fait une idée de ses principes, ses croyances. Au Québec, c'est 7 ans de droit de vote, de droit de boire, d'acheter des cigarettes, d'aller en prison. 9 ans de permis de conduire. On est loin de la jeunesse. On est loin de la relève.

Passé 25 ans, donc, faudrait pouvoir laisser la place aux vrais jeunes, les 16-25 ans, pour qu'ils puissent se pratiquer aussi avec le droit à l'erreur qu'être de la relève implique. Il est temps d'aller dans le vrai monde et se mesurer aux vrais professionnels, quitte à tout perdre et réaliser qu'on n'y a pas sa place - ou pour se faire son propre petit coin où faire sa petite affaire.

La fait de ne pas avoir eu sa chance avant 25 ans ne devrait pas faire en sorte de bloquer l'accès aux mêmes droits et privilèges aux plus jeunes.

Boom Desjardins: laisse la relève tranquille.

samedi 8 novembre 2008

Postmortemisme

Après un blogue en anglais et celui-ci en français, je collabore également depuis peu au blogue Postmortemiste avec mon ami Mala Estrella (Alexandre Beaudoin-Duquette, pour les intimes et les curieux).

Il s'agît d'un endroit où on élabore sur un sujet qui nous tient à coeur depuis une dizaine d'années en commun (encore plus chacun de notre côté), soit la décrépitude accélérée du monde dans lequel on vit.

Les lois ne font pas toujours du sens, les profiteurs et les voleurs sont élus au pouvoir ou travaillent dans le Merveilleux Monde De La Finance, les institutions qui nous caractérisent le plus ont été vendues aux Américains (Le Canadien de Montréal, La Compagnie De La Baie D'Hudson, les cafés Tim Horton's et, dans une moindre mesure, les Alouettes de Montréal)...

On nous dit depuis la fin des années 70 (ou 60, dans certains cas) qu'on nage en pleine ère postmoderniste, qu'on recycle et transforme des idées pour changer le monde, qu'on change des définitions pour changer l'efficacité des choses, des mots, des noms... mais ça n'a pas marché.

Les hôpitaux sont pleins de bactéries, de virus et de maladies qui s'attrapent au simple contact de l'air, à l'endroit même où nous sommes supposés aller nous faire guérir. Il s'agît d'un fait qui résume trop bien où on en est, où nous en sommes.

Il faut s'en rendre compte - et en rendre compte. Ce que nous y faisons. Si tout va bien, des solutions seront apportées. Sinon, ben, on se dirigeait vers le gouffre de toute façon.

Postmortemisme, donc. En trois langues, en plus. Et ce sera aussi le nom de mon prochain disque... qui, lui, sera bilingue (pas d'espagnol en vue, malheureusement).

dimanche 26 octobre 2008

Marc-André Grondin

On apprend ici que Marc-André Grondin vient de tourner trois films en France, que les Français l'aiment, qu'il a maîtrisé l'accent parisien, qu'on le vend comme un mélange de Vincent Cassel et Romain Duris.

Ben, crisse... gardez-le.

Son plus haut fait d'armes ici, selon moi, c'était ses qualités de batteur (de drummer, pas batteur de femmes).

C.R.A.Z.Y.? De la grosse marde. J'allais ajouter ''surtout lui'', mais ce n'est pas vrai. Le scénario et la réalisation étaient bien pires. Mais ce film 'over-rated' en masse qui n'aurait jamais survécu plus d'une semaine en salle n'eut été de sa bande sonore de hits trop entendus des années 70 n'avait que Michel Côté pour le sauver.

Il y a des tonnes de films de 'coming-out' qui sont meilleurs, des masses de films à 'contenu gay' qui le dépassent, dont certains relativement 'grand public' qui se sont rendus aux Oscars (allo, Crying Game).

Les Américains et les British ont montré comment bien faire ces films-là; il faut relever le défi et les surpasser, pas en faire des copies pâles pleines de clichés.

Anyhow... Grondin. Rien de personnel. Mais profite bien de la France, et ne te gêne pas pour y faire fortune.