mardi 23 février 2010

Goûter La Vie

Au tout début j'étais Italien, j'en tire parfois une fierté niaiseusement folklorique. Je suis aussi Français. Je suis avant tout Québécois puisque j'ai passé les trois quarts de ma vie au Québec, Québécois par contamination en quelque sorte. Je ne suis pas du tout Canadien, comme je ne suis pas du tout Luxembourgeois, sauf que Luxembourgeois j'aimerais beaucoup l'être, je me vois bien citoyen d'un pays un peu ridicule qui n'existe pas.

C'est Pierre Foglia qui parle, le chroniqueur-vedette de La Presse.

On est ce qu'on est, souvent comme on naît, mais pas toujours.

Il y a des exceptions à tout, bien entendu, et des exceptionnels, on s'entend, un n'exclue pas l'autre, même si certains sont consentants. Qu'on s'entende: je ne suis pas Canadien non plus.

Mais je ne voudrais pas être Luxembourgeois pour autant. Québécois, ça me va; j'aime que les Slovaques me servent d'exemple, j'encourage les Tchéchènes et les Basques, et je trouve que les Cubains font bien plusieurs choses. J'aime manger Italien, Polonais, Jamaïcain, Mexicain, le homard, les crevettes, plutôt crever que de ne plus jamais y goûter.

C'est comme la vie, faut la goûter.

lundi 22 février 2010

Tempête Dans Un Verre Fabuleux

Bon.

Gros scandale dans les monde des olympiades: deux hommes à l'âge de la retraite, non seulement d'une toute autre génération mais complètement dépassés par au moins deux générations, sont outrés de la tenue ''d'un jeune'' qu'ils ne comprennent pas.

C'est vieux comme le monde, et, de mémoire de nord-américain (donc environ 50 ans), c'est arrivé avec Elvis, Les Beatles, Woodstock, le disco, Michael Jackson, le sida, le heavy metal, le grunge, les films d'auteurs d'action, le rap, le techno, les raves, l'apparition du mouvement indépendantiste, la disparition du mouvement indépendantiste et, là, ça arrive avec les fofolles aux olympiques.

Voici la déclaration-choc:



Claude Mailhot et Alain Goldberg dénigrent Johnny Weir
envoyé par Blazing37. - L'info video en direct.


Que Johnny Weir soit gay ou pas n'a pas d'importance; de toute façon, c'est son look qui frappe Claude Mailhot et Alain Goldberg (visiblement sous la ceinture). Bon, les groupes de défense des droits des homosexuels sont montés aux barricades - c'est normal, c'est leur job, leur seule raison d'exister - et les vieux se sont excusés, mais, dans le fond, on sait bien que des excuses, ça ne change pas une façon de penser, simplement la façon dont on va le présenter la prochaine fois.

On dit que les gays font 10% de la population; en fait, on le disait il y a 10 ans, est-ce toujours le cas? 10%, quand même, c'est assez pour être représenté 'visiblement', je veux dire qu'à 10%, il doit bien en avoir dans toutes les sphères de la vie, des métiers nuls (genre service à la clientèle), des métiers biens vus (disons des avocats et des profs), des métiers publics (mettons des politiciens et des athlètes) et ailleurs.

Et des gays, c'est comme le reste, il y en a de toutes les sortes, pour tous les goûts: des butchs, des fofolles, des ours, des 'qui fondent dans la population'...

C'est juste normal qu'il s'en retrouve, encore une fois, partout.

Et c'est primordial que ceux qui passent à la télé aient droit au même traitement, au même temps d'antenne que les autres de leur discipline, qu'ils soient vus par tous, petits comme grands; il s'en trouve pour vouloir 'sauver les yeux chastes de nos enfants', quand, au contraire, ils faut qu'ils voient l'étendue des possibilités que ce beau, grand monde moderne offre. L'étendue des couleurs de l'arc-en-ciel, si je puis m'exprimer ainsi.

Ce qui est inconcevable, par contre, c'est qu'un sport de compétition international où on fait le décompte des médailles obtenues par pays n'impose pas que tous ses athlètes portent un uniforme représentant leur pays. Maquillage, au pire, ok, exprimez-vous, lâchez-vous lousses, mais pas d'ailes d'anges ou d'accessoires. Si c'est bon pour les skieurs, les patineurs de vitesse, les hockeyeurs, les lugeurs, il faut que les patineurs artistiques y adhèrent aussi; c'est les Olympiques, après tout, pas le Festival de l'Originalité; on ne pisse pas par terre au musée, on ne crie pas en parlant sur son cellulaire à la bibliothèque, on ne se baigne pas nus à la piscine publique, et il n'y a pas de bâton de golf au basketball.

Mais, des gays, il y en a partout. Comme des femmes, des Noirs, des Smith et des amoureux. C'est normal; il ne faut pas les traiter différemment des autres, parce qu'ils sont des personnes à part entière, même s'ils ne l'étaient pas dans le temps où Mailhot et Goldberg étaient utiles à la société.

samedi 13 février 2010

Pourquoi la Saint-Valentin Est-Elle Si Importante Pour Les Filles?

Monsieur Réponse, lui, le sait...

Trève de plaisanterie, il faudrait bien que je sorte de chez moi acheter du chocolat...

vendredi 12 février 2010

Financer Le Transport En Commun

Ça fait un bon bout, hein?

Ce n'est pas que j'avais oublié la portion francophone de mes écrits, mais plus que je suivais moins les nouvelles et que, par conséquent, j'étais moins frustré. En plus d'avoir été occupé à gérer une demi-séparation.

Mais alors que je suis supposé travailler ce matin, en attendant que mon programme 'loade', comme on dit, quelle nouvelle/question futée La Presse a-t-elle mise comme nouvelle la plus importante de la matinée?

Une question-piège pour lancer le débat sur le financement du transport en commun. Et, évidemment, les banlieusards et campagnards, encore en mode anti-Mourial comme ils le sont depuis que Jean Charest est au pouvoir, sont outrés de certaiens propositions, comme celle de monter les taxes sur l'essence, et suggèrent plutôt de faire payer l'utilisateur qui, semble-t-il, a les poches bien garnies - c'est pour ça qu'il prend le métro, l'utilisateur: il a assez d'argent pour s'acheter une auto, mais il veut faire chier les autres et attendre une demi-heure à moins-30 l'hiver pour un autobus qui oublie de passer, juste pour le fun, comme un défi.

Voici mon grain de sel, envoyé à La Presse (vous pouvez aussi faire connaître votre opinion, au forum@lapresse.ca, en passant):
Je suis outré de constater à quel point les gens manquent de vision... la plupart suggèrent de hausser les tarifs, qui ont grimpé de plus de 100% (oui, ils ont doublé) en 10 ans; c'est une des pires augmentations en Amérique du Nord; nous sommes passés d'un des systèmes les plus abordables à un peu plus chers que la moyenne, tout en réduisant le nombre de passages des autobus et de la plupart des lignes de métro.

Quand on pense que dans les villes qui se respectent, les métros passent 24 heures par jour... il y aurait moins d'alcool au volant si on faisait ça ici aussi.

Et à ceux qui chialent pour ne pas qu'on augmente les taxes sur l'essence de deux cents - le but du transport en commun est d'utiliser votre véhicule MOINS SOUVENT, de polluer moins, et il semble que vous n'ayez pas encore compris...

Et en ce qui a trait aux ''oh, ce n'est pas pour moi, je n'y vais jamais dans la méchante ville'', si on faisait le même exercise pour la santé, nous aurions un système comme aux États-Unis qui coûte les yeux de la tête. Je suis en santé, moi, et ça fait 23 ans que je ne suis pas allé dans un hôpital - devrais-je payer pour les vieux et les baby-boomers, les cancéreux et les enfants malades (qui en plus ont leurs propres téléthons)?

Tant qu'à y être, je ne vais jamais en campagne, je suis contre que mes taxes financent la réfection des autoroutes à plus de 15km du centre-ville de Montréal - roulez sur des chemins de terre. Ça a l'air con, non?
Bande de caves. Dire que y'a juste 2 posts, je citais ''En Berne'' des Cowboys Fringants. Vraiment, j'ai peur pour ma patrie, bourrée d'épais égoïstes.

Ma solution? Mettre des limites, en pourcentage, aux montants que l'État peut dépenser en plus pour ses projets de construction et arrêter d'y gaspiller des sommes-surprises faramineuses, et que le reste soit assumé par les contracteurs eux-mêmes - ça devrait aussi contribuer à fixer des estimés plus réalistes. Aussi, oui, augmenter les taxes sur l'essence - mais pas sur le diesel ni le bio-diesel - pour être certains que ces augmentations ne nuiront pas aux autobus. Et monter les prix des contraventions pour excès de vitesse en ville, pour ivresse au volant, pour les arrêts mal faits - pas dans les quatre chiffres, dans les cinq chiffres, le genre de situation qui fait qu'un con de la Rive-Sud doive vendre sa maison.

Et - de grâce- ne pas augmenter ni les tarifs ni les impôts fonciers, la ville n'est déjà presque plus habitable... la plupart des gens ayant un revenu avant impôts de 500$ par semaine, devant se payer des loyers à 700$ et plus par mois (rien d'inclus), des comptes d'Hydro qui augmentent aux trois mois, des plans internets voleurs avec limites de téléchargements, des comptes de téléphones de fous de Bell et le câble de Vidéotron juste pour pouvoir regarder le hockey en paix trois fois par semaine... et tous ça sans avoir mangé, ni s'être rendus au travail. Fuck ça, tabarnak.

lundi 21 décembre 2009

Marc Labrèche Et Son Humour De Cégep

En apprenant que Marc Labrèche allait de nouveau se retrouver à la barre d'une émission de télé qui allait commenter l'actualité, on ne pouvait que saliver; après tout, La Fin Du Monde Est À 7 Heures fut une des grandes réussites télévisuelles du Québec de la fin du siècle dernier.

Toutefois, je crois que le fait de filmer devant un public qui apparaît à l'écran dans ce qui a tout l'air d'être un chalet de ski converti en studio télé nuit à la qualité de l'émission; en effet, Labrèche semble faire ses gags les plus pourris et les plus 'pipi-caca' dans le seul but de divertir son auditoire immédiat, sans se soucier qu'il peut y avoir quelqu'un qui le regarde à la maison, qui le regarde sous un autre angle, qui n'a pas besoin d'attendre que tous aient fini de rire avant de passer à la prochaine blague.

On se rappellera que le direct a aussi tué Rock Et Belles Oreilles lors de leur saison 1994-95, alors qu'ils étaient bien moins drôles qu'à leurs années précédentes, pas parce que les blagues étaient moins comiques, mais parce qu'on en avait moins à la minute, parce que le groupe attendait son public plutôt que de le forcer à le rattraper; c'était en quelque sorte un nivellement par le bas, ce que les gens qui écoutaient à la télé ont trouvé décevant. Et si le meilleur groupe d'humoristes - cinq fleurons télévisuels même à ce jour - n'en ont pas été capables, comment - et pourquoi - Labrèche réussirait-il?

De plus, le monsieur d'un certain âge aux déhanchements malsains semble trop attaché aux personnages qu'il a créés qui ont (peut-être...) fonctionné à leur première diffusion mais qui sont devenus drabes et mornes - que ce soit le vieil anglo 'anti-'separatist' Clifford Montgomery, ou les deux soeurs B.S. de Candiac et leur mère sénile...

Il ne se rend pas compte que sa force réside dans l'imitation de personnages publics, comme les hits que furent Christian Bégin ou le gars de la pub de Shamwow. Encore là, il y en a qui reviennent un peu trop souvent... on pourrait se lasser.

En général, les meilleurs moments de l'émission sont deux parodies de pubs qui durent 15 secondes chacune, et les chroniques d'André Sauvé et de Pierre Brassard (surtout lui!); trop souvent, même Paul Houde est décevant.

3600 Secondes de Sécheresse Grave, plus.

mercredi 18 novembre 2009

Écrire Sa Pensée

Il semblerait qu'encore une fois, aux nouvelles, on ait parlé du fait français au Québec, non pas de l'importance de conserver la langue et la culture qui nous est propre, mais plutôt du nivellement par le bas que l'on fait en acceptant de plus en plus de fautes d'orthographes dans notre société, de l'école au monde professionnel en passant par le monde des affaires et même de la publicité.

C'est une chose d'être inventif et de faire des jeux de mots, il en est tout autre que de tolérer la médiocrité et de viser le plus bas possible plutôt que d'élever le discours (et le public moyen) d'un cran.

Boileau disait:
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément
Si on ne peut pas épeler les mots comme il le faut ou, pire, si on confond un mot pour un autre, comment peut-on avoir les idées claires? Il y a une sacrée marge entre ''qu'un gars qu'on aime'' et ''qu'un gars con aime'', et ceux qui ne peuvent pas la remarquer n'aiment que des cons - et on revient à récompenser la médiocrité. Ça fait un monde de brebis sans cervelles, de fans du Canadien qui n'a plus besoin de gagner pour faire de l'argent, de voteurs de Parti Libéral quand on a peur d'avancer et d'ADQ quand on a peur des étrangers.

Je ne suis pas le plus grand fan des Cowboys Fringants, mais quand même:
(...) Mais quand je r'garde ça aujourd'hui
Chu donc pas fier de ma patrie
Ça dort au gaz dins bungalows
Le cul assis su'l statut quo

Dans ce royaume de la poutine
On s'complait dans' médocrité
Bien satisfaits de notre routine
Et du bonheur pré-fabriqué (...)

Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent!
Si tu rêves d'avoir un pays
Ben moi j'te dis qu't'es mal parti
T'as ben plus de chances de gagner à' loterie (...)

Si t'es content de ce pays
Ben ça mon homme c'est ton avis
Tu dois être le PDG d'une compagnie

C'est ça l'problème de ma patrie
Y'a pas personne pour s'indigner
Contre la fausse démocratie
Qui sert les riches et les banquiers

Dans cette contrée peuplée d'ignares
'Faut pas trop s'rappeler d'son histoire
Ici y'a juste les plaques de char
Qu'y ont encore un ti-peu d'mémoire...

Si c'est ça l'Québec moderne
Ben moi j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent!
Si c'est ça qu't'appelles une nation
Probable que tu sois assez con
T'es mûr pour te présenter aux élections...
On a les gouvernements que l'on mérite, c'est plus souvent qu'autrement vrai. Mais il faudrait un leader, un meneur, quelque part, qui se lève et éduque notre crisse de masse épaisse pour nous sortir de cette impasse culturelle, sinon, à quoi bon sauver la culture, si elle se limite à Céline Dion, le Centre Bell et ce que Québécor nous dit d'aimer?

Ici, un post de Matante Fuck Off (que je lis régulièrement), plus sobre et moins négatif que le mien, qui m'a tout de même inspiré cette diatribe. Aussi à lire: les commentaires après ses textes, tout aussi incisifs et éclairés, qui ajoutent souvent au texte même.

Et puisque j'ai versé un peu dans la politique, Monsieur Réponse nous conseille de se tourner vers l'anarchie, quoiquequ'une anarchie assez spéciale...

samedi 7 novembre 2009

Vacciner Les Hockeyeurs En Priorité...

Parce que l'hystérie collective entourant la grippe A (H1N1) ne suffisait pas, on apprend que certains tours de passe-passe ont eu lieu pour que certaines personnes se fassent vacciner avant d'autres. On s'attendrait à ce que des politiciens le fassent, et peut-être aussi leurs amis mafieux et leurs clients favoris de contrats ''no-bid''.

Mais scandale! Les joueurs de hockey des Flames de Calgary et des Maple Leafs de Toronto et ceux des Raptors de Toronto de la NBA ont eu l'occasion de se faire vacciner avant tout le monde.

Réjean Tremblay approuve, Patrick Lagacé pas.

De mon côté, j'approuve aussi.

Les raisons contre, elles sont faciles à trouver: égalités sociales, soigner les plus à risques point-de-vue santé en premier (les enfants, les asthmatiques graves, la veuve et l'orphelin).

Sauf que les sportifs sont également très à risque.

Ils suent ensemble ou l'un contre l'autre, partagent chambres d'hôtels, vols d'avions, toilettes plubliques, douches et travaillent dans des espaces restreints. Et dans leur temps libres, de jour, visitent des enfants malades dans des hopitaux et, de par leur statut social, le soir, ensorcellent nos jolies demoiselles dans les bars.

Dans le seul but de sauver les enfants malades et les jeunes femmes à la cuisse légère qui, elles, pourrainet ensuite contaminer moult musiciens et quelques saoulons ici et là, les joueurs de hockey doivent absolument passer en premier.

Bon, on dira qu'ils seraient ainsi privilégiés parce qu'ils sont riches, mais, justement, puisqu'ils sont riches, ils sont aussi plus taxés et imposés que le commun des chômeurs - et paient ainsi plus que leur part des effectifs médicaux.

Donnez-leur une centaine de doses et laissez leurs médecins (ceux que les équipes professionnelles paient à grands coûts) les leur administrer - on ne nuira ainsi donc pas au système, puisqu'on garderait les médecins québécois et les infirmières pour le grand public, tout en protégeant la santé de nos héros sur patins.

lundi 28 septembre 2009

Pierre Falardeau: Repose En Paix

Le 25 septembre 2009 s'est éteint un Pierre Falardeau rongé par le cancer, entouré de ses proches.

Les réseaux de télévision ont perdu une grande gueule prêt à tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge; les cinéphiles ont perdu un des grands raconteurs, capable d'exprimer son art (et de s'exprimer au travers lui) tant par le ridicule (Elvis Gratton) que le très sérieux (Le Party) et l'historique (15 Février 1839, Octobre), autant par la fiction que le documentaire (Le Steak, Pea Soup).

La plupart de ceux qui ont commenté sa mort ont voulu attirer l'attention sur le polémiste en prenant le soin de dire qu'ils n'allaient pas parler du polémiste, justement, mais de l'artiste. Marc Cassivi en est l'exemple le plus clair. Je crois que c'est Michel Foucault qui disait que la meilleure façon de faire penser à quelque chose était de dire qu'on allait éviter le sujet...

Et, justement, Falardeau aura choisi d'être ''le gars qui parle en joual'', qui parle de souveraineté avec des propos parfois incendiaires, qui se réjouit de la mort de ses adversaires (le fameux ''Salut, pourriture'' à Claude Ryan), toujours prêt à se montrer à la télé pour une déclaration-choc.

Pourtant, il était un homme très bien éduqué, formé au Collège De Montréal (où il a rencontré son ami et allié Julien Poulin), prof d'anthropologie à ses heures, capable de citer autant de poètes comme Pablo Neruda et Gaston Miron que de grands cinéastes comme Fellini et Chaplin (leurs écrits et leurs déclarations, pas seulement leurs films), fort d'une culture générale impressionnante.

L'ironie Falardeau, c'est qu'il fut le meilleur porte-étendard de la cause souverainiste; son charisme était indéniable, ses connaissances historiques furent sans pareil, La Cause se portait mieux avec lui comme tête d'affiche que des avocats sans pouvoir d'attraction comme Bernard Landry, ou des personalités aussi colorées mais sujètes à des débordements comme Jacques Parizeau, ou des traîtres comme Pauline Marois - mais son parler a fait en sorte d'en aliéner plusieurs.

La soi-disant ''option souverainiste'' a perdu tant de plumes en moins de quinze ans, alors qu'on est passés à quelques centaines de votes de gagner le référendum de 1995 à la situation actuelle, où malgré un gouvernement libéral au provincial à son troisième mandat et un gouvernement conservateur à Ottawa, la cote de l'indépendance dépasse à peine les 30%. Bien sûr, on ne peut blâmer Falardeau (du moins pas uniquement) pour cette baisse, mais il suscitait depuis quelques années plus de réactions négatives que positives à chaque fois qu'il prenait la parole sur la place publique, que ce soit quand il traitait David Suzuki de ''petit japanouille à barbiche'' ou en brandissant un drapeau du Hezbollah pendant une manifestation, ou seulement quand il réitérait sa position politique.

Le Devoir, par contre, a bien réussi à cerner non seulement le personnage, mais aussi le combat qu'il menait, résumé en une phrase pourtant courte et simple:
Pour comprendre la colère de Pierre Falardeau, il convient de se rappeler que les peuples ne meurent pas deux fois. La première fois est la bonne.
J'ajoute une citation de Falardeau-même, tirée de son livre ''Les boeufs sont lents mais la terre est patiente'':
L'histoire nous enseigne que la défaite de 1760 marque le début de l'occupation militaire de notre territoire. La défaite de 1837-38, elle, marque le début de notre mise en minorité collective et l'annexion définitive de notre pays, annexion préparée par le Union Act de 1840 et consacrée par le système néocolonial de 1867. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : notre pays a été conquis par la force et annexé par la force. Et ce système féroce d'exploitation coloniale puis néocoloniale dure encore. Il dure depuis 238 ans.
Et pourtant, le peuple n'en était pas mort. Pas encore.

Mais avec la gueule de Falardeau qu'on ne verra plus dorénavent sur nos écrans qu'en reprises et alors qu'aucun porte-parole de La Cause n'a les qualifications pour être aussi vocal pour la défendre, la mort semble approcher à grands pas.

Surtout avec Richard Séguin qui fuit les médias comme la peste, Richard Desjardins qui est de plus en plus vu comme un écologiste zélé plutôt qu'un artiste, avec des 'stars' de la pop qui n'ont rien à dire sur aucun sujet social (Sylvain Cossette, Marie-Mai, Éric Lapointe, Pierre Lapointe, Jonas, Andrée Waters et tous les autres Académiciens sans vie ni authenticité de l'Empire Péladeau ou d'un autre qui tente de prendre sa place), avec les vieux comme Paul Piché qui s'occupent plus de leurs spectacles au Casino et de faire de nouvelles versions en duo de leurs vieilles tounes plates que de Société, il ne nous reste que les politiciens corrompus du PQ dont nous sommes blasés qui parlent encore, parfois, de l'indépendance, et même là, c'est souvent du revers qu'ils en glissent un mot, de peur que ça leur coûte une élection.

Non seulement la conviction semble manquer, mais les couilles aussi. Et pour ça, Falardeau n'avait pas le droit de mourrir. Le risque que nous le suivions sont trop gros.

Pour me sortir du chemin
Qui me conduit dans la poussière
Qui me retient et me fait taire
Le long des saisons sans lumières

Pour me sortir des sommeils
Qui vont mentir jusqu'à offrir
Des paradis qui n'étaient rien
Que terres brûlées sans lendemains
- Richard Séguin


Je vous laisse sur un bout de documentaire mentionné plus haut, Pea Soup, dans lequel, par une simple entrevue avec un petit garçon, Falardeau s'attaque à l'américanisation de son peuple et le manque d'éducation ( les deux par la phrase ''le Kentucky, c'est dans l'est, su'a rue Sainte-Catherine''), le manque de vision pour l'avenir (''je vas être chauffeur de camion comme mon père''), et des idées qui frôlent le conservatisme actuel à Ottawa (''je crisserais les écoles à terre, pis les vieilles maisons, je les démolirait'')...


jeudi 24 septembre 2009

Militarisme Et Convictions

Il y a longtemps, presqu'un an, j'avais commencé à écrire une chronique sur le Jour Du Souvenir, le jour-même où on le fête, en novembre dernier je crois. Mais je ne l'ai jamais terminé. Parce que... parce que...

Parce que.

J'aurais abordé ce que j'en pense, moi, de la guerre, ce que je vois comme utilité première à l'armée, comment ça me touche qu'il y ait presque chaque jour des morts inutiles de gens qui auraint pu être plus utiles dans des rôles semblables à l'intérieur de nos frontières.

J'aurais parlé de mon grand-père qui a été dans l'armée, qui est allé en Corée mais, surtout, qui a fait son devoir pendant la Crise d'Octobre même si ça allait à l'encontre de ses convictions les plus profondes, à cause de son seul sens du devoir.

Mais je ne l'ai pas fait. Du moins, pas encore.

Patrick Lagacé a, lui aussi, semble-t-il, eu un débat intérieur et décidé de ne pas aborder le sujet sous un angle qui porte matière à réflection. Il affirme en avoir parlé au rédacteur en chef de Voir Québec, David Desjardins, qui, lui, l'a écrit son texte.

Bon, aucun des deux n'aborde le sujet exactement du même angle que moi, mais tous les trois, quelque part entre l'introduction, le sujet principal et la conclusion, trouvons qu'il est salement con d'envoyer des gens se faire tuer à l'étranger dans le seul but de démontrer qu'une poignée de main, jadis, entre deux hommes politiques, vaut encore l'entente qui l'a incitée.

Parce que le Canada est l'Allié des États-Unis, et qu'ils croient que l'Afghanistan est responsable des événements du 11 septembre 2001 et leur ont déclaré la guerre, il fallait y aller. Le gouvernement a été renversé en quelques semaines, mais il faut y demeurer parce qu'il s'y trouve encore des insurgents qui veulent les remettre au pouvoir.

Ça fait sept ans.

Mettez-vous à leur place: rarement sommes-nous d'accord avec les décisions de notre gouvernement fédéral, et rarement sommes-nous mis au courant des personnes qu'ils engagent pour faire du boulot sale et borderline illégal. Admettons qu'un autre pays accuse notre gouvernement d'avoir orchestré un coup sale chez eux; nous aurions beau être en total désaccord, nous ne pourrions rien faire avant les prochaines élections - de toute façon, le gouvernement a l'armée et la GRC pour se défendre si on veut s'en prendre à eux.

Bon, là, le pays outré nous envahit et fait tomber notre gouvernemet puis, après, organise des élections où il nous offre le choix entre deux marionettes qui vont être ben ben fins avec eux. Nous votons, ils ont leur puppet, mais les tabarnak, ils restent. Et amènent leurs amis. Pendant sept ans! Et ils nous volent notre eau, nos forêts, nous coupent l'électricité entre 20h et minuit pour alimenter leurs bases militaires. Et l'armée ne peut rien contre eux parce qu'ils travaillent ensemble - et le premier ministre a été mis là (et choisi) par eux.

Même les moins cons seraient tentés de prendre les armes et s'insurger.

Et c'est ce que plusieurs font, et des fois, même avec moins de moyens et d'entraînement, il y en a des 'chanceux' qui réussissent à percer les murailles et dispositifs de sécurité de nos bons soldats, et des compatriotes à nous meurent, à des milliers de kilomètres de tout ce qui leur tient à coeur.

Le but d'une armée, c'est d'avoir une force pour se défendre. Pour résister à l'envahisseur.

Les Canadiens-Anglais ne l'ont jamais compris. Ils utilisent l'armée pour déblayer les rues de Toronto quand il neige trop l'hiver. Et le grand Lester B. Pearson... c'est lui, gagnant d'un prix Nobel de la paix (faut dire que George W. Bush et Tony Blair en ont obtenu un, également, juste avant d'envahir l'Irak), qui a eu l'heureuse idée d'utiliser des gens dont l'entraînement consiste à tuer des gens et les mettre dans un contexte où il ne doivent pas se battre mais, plutôt, garder la paix. D'où les Casques Bleus. Ça a marché, un certain temps. Pour des missions courtes.

Mais pour des missions plus longues, en Somalie, par exemple, les militaires qui le sont pour les mauvaises raisons, les tueurs stéroïdés, par exemple, ou juste les dangeureux, ben eux aussi ils y sont, et ils sont souvent incontrôlables, ce qui fait qu'on a pu retrouver des garçons locaux, nus, attachés à des arbres, saignant de partout, ayant été torturés et violés... pour le fun. Et l'armée d'excuser ces soldats plutôt que de les punir, ce qui du coup enlève toute crédibilité à la majorité d'entre eux qui savent bien se comporter.

Se défendre, donc. Défendre nos frontières, nos réserves d'eau, nos richesses naturelles, nos peuples. Se préparer, comme les irakiens, à une guerre normale (de personne-à-personne et de technologie-à-technologie) mais aussi se préparer à devoir agir en guerillas si le gouvernement tombe, à utiliser toutes les tactiques et techniques apprises pour reprendre le contrôle et, encore une fois, défendre la patrie.

Parce qu'au nombre effarant d'accusations internationales (parfois, comme en Irak, absolument fausses), au climat politique mondial actuel, avec les ressources naturelles qui se font rares partout sur terre, avec notre calotte polaire qui fond et qui, même si elle est sur notre territoire selon toutes les cartes mondiales se fait contester par la Russie et les États-Unis, c'est ici que nous avons besoin de nos militaires.

Le plus tôt possible.

Parce que c'est ici qu'on en a besoin, et c'est en faisant leur job ici qu'on n'aura pas le choix d'admettre qu'ils sont des héros, quoiqu'en pense Lagacé.

mardi 22 septembre 2009

Le Cinéma D'Auteur Se Meurt Au Québec

En janvier, quand ils ont annoncé la fermeture du complexe de cinéma Ex-Centris, pratiquement le seul lieu dediffusion de film d'auteur qui se respecte toujours au Québec (le Cinéma Du Parc n'a pas été lavé depuis les années 90 et le Beaubien affiche des films 6 mois en retard, faites pas chier), j'avais écrit un texte (qu'évidemment je ne retrouve plus) qui annonçait la mort du film d'auteur dans mon coin de pays, du moins en salle, du moins pour un temps.

Oh, les 'experts' prédisaient une baisse de ''un pourcent'', surtout pour les films d'auteurs français (les plus plates d'entre tous), les faisant chuter de 6 ou 7% des ventes totales de billets de cinéma vers environ 5%, mais rien de dramatique.

Hors, voilà que le charmant Marc Cassivi livre, sur Cyberpresse, sa plus longue chronique de l'année, qui nous apprend, et je cite:
Du 1er mai au 10 septembre, le cinéma français n'a compté que pour 1% du box-office total du cinéma projeté en salles au Québec, selon les statistiques dévoilées cette semaine par Cinéac.
Et pour tout mettre en perspective:
Jeudi, l'Observatoire de la culture de l'Institut de la statistique du Québec révélait que le taux d'occupation des salles de cinéma québécoises était à son plus bas depuis 25 ans (11,4%) en 2008.
Donc, non seulement le pourcentage est moindre (plus de cinq fois moins, en fait), mais il l'est d'un chiffre de base qui est lui aussi en baisse - en fait, ridiculement bas.

Que le taux d'occupation des salles soit quasi nul, on peut comprendre: quand des complexes de 12 salles ne mettent à l'affiche que les mêmes trois merdes américaines en version française traduit en France, il faut s'attendre à ce que les gens évitent de payer 10$ le billet (sans compter les boissons et friandises, le stationnement, les frais de garde pourc eux qui ont des enfants...) et préfèrent rester chez eux à regarder des DVD loués, à moins de 10$ pour 4 films pour 5 jours - donc s'il y a merde dans les quatre, on l'arrête et en regarde un autre à la place. Surtout que les chiffres de ventes des écrans plasmas a quadruplé depuis un an et demi... on se retrouve avec une meilleure définition, un volume qu'on peut régler, les meilleures sièges dans la salle, et quatre films pour la moitié du prix d'un seul - et une bouteille de 2 litres de Pepsi à la moitié du prix d'un verre...

Alors il est où, le problème?

Il est partout en ce qui a trait aux films en salle. On peut commencer par n'importe quel bout, mais commençons par le point de vue du cinéphile: ça coûte trop cher pour voir un film de piètre qualité.

Le film est nul parce que ceux qui les achètent pour les diffuser ne veulent pas prendre de risques et veulent avoir des films que toute la famille voudra (potentiellement) voir; il est meiux, en effet, pour eux, de s'acheter les droits sur un navet de Disney qui peut-être remplira leur salle pendant une fin de semaine que de s'assurer de la remplir à moitié pendant deux semaines consécutives avec un film d'un auteur reconnu par les cinéphiles.

C'est pour ça que ce sont ces films-là, et les grosses merdes américaines en général, et ceux qui suivent les modes (horreur en 2008, comédie en 2002, action/comédie en 1998) qui sont poussés par les distributeurs.

Mais aussi parce que les studios s'en tiennent aux recettes pré-établies plutôt qu'à l'originalité pour vendre leurs films. C'est par chance qu'un de leurs films sera: 1. bon; 2. vu; 3. acclamé et apprécié; 4. retenu pour certains prix. S'il gagne, là on le re-sort, on le mousse; sinon, on l'oublie et on passe à Iron Man 2 ou Spider-Man 4.

La chaîne est longue, et toutes ses parties sont rouillées. Et à la toute fin, le spectateur, en plus, est roulé. Et il est tanné.

Un film, à la base, c'est une idée. Bonne ou mauvaise, mais une idée, mise sur papier. Quelqu'un la lit, la trouve bonne (ou voit des façons de l'améliorer) et décide de la transformer pour la porter à l'écran et y raconter l'histoire. Soit cette personne-là finance l'idée, ou elle trouve quelqu'un qui le fera. Ensuite, on bâtit une équipe qui sera chargée de rendre ce rêve une réalité.

Déjà là, plusieurs visions entrent en ligne de compte qui pourraient obstruer (ou prostituer) la vision première de son créateur. Ne serait-on donc pas mieux de seulement commencer avec les bonnes idées à la base, au lieu de répéter celle qui a fonctionné une, deux, trois fois? Parce qu'un bonne idée surprend et amène à réfléchir; une idée recyclée, au mieux, divertit, mais risque encore plus de stagner, faire perdre sont temps, d'ennuyer...

Va falloir que ces méga-entreprises qui dirigent toutes les étapes de la fabrication à la distributions des films cessent de prendre le monde pour des caves et leur donne du divertissement de qualité avant de chialer qu'ils se font déserter...